Présentation des domaines nationaux de Sainte-Hélène

Présentation des domaines nationaux de Sainte-Hélène

mercredi 16 août 2017

Les domaines nationaux de Sainte-Hélène sur facebook

Pour un suivi plus rapide et des informations plus nombreuses sur nos activités sur l’île de Sainte-Hélène, je vous invite à nous suivre sur notre page Facebook
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lundi 14 août 2017

La société hélénienne de 1808 à 1816

Il y a quelques années maintenant, j’avais donné à mon ami John Tyrell une version pdf du volume « E.I.C.06-004 - Book D - Judicial sessions 1808 – 1816 » que j’avais photographié aux Archives du Gouvernement de Sainte-Hélène.




Je lui avais lancé le défi d’en faire une transcription… et bien, il a achevé ce travail.
J’ai dévoré durant ces trois dernières semaines les pages de ces procès-verbaux de la Cour de justice de Sainte-Hélène dans lesquels passent quelques figures qui me sont familières et d’autres que je découvre.

J’ai retrouvé les émotions que j’avais éprouvées lorsque j’avais rédigé les « Chroniques de Sainte-Hélène ».  Il y a dans ces histoires tout ce que j’aime dans les récits : une absence totale de pudeur, la sincérité, l’abondance d’anecdotes.


J’encourage vivement John d’utiliser ce volume comme le ferment d’une série d’histoires ou … de chroniques héléniennes. 

jeudi 10 août 2017

Nettoyage des gravures et autres articles placés sous verre

En ce moment, avec Merrill et Anthony, je profite des jours d’hiver pour procéder au nettoyage des gravures et documents mis sous verre et exposés aux domaines nationaux de Sainte-Hélène.




C’est un travail fastidieux mais nécessaire : nettoyer les verres couverts de mildiou, changer les passe-partout, mettre du papier de chine au PH neutre etc…  comme, par exemple, ce morceau de drapés tissés de fils d’or utilisés pour recouvrir le cercueil de Napoléon à l’occasion du Retour des Cendres.





Pour vous, j’en ai aussi photographié le revers.






Le "RMS St. Helena" fait partie du paysage de l'île

Avant la mise en route commerciale de l'aéropôrt de Sainte-Hélène... le RMS dans la baie de Jamestown dimanche dernier...


reliques "Sainte-Hélène" de Napoléon

Différence entre les reliques napoléoniennes et christiques: celles de Napoléon ont un prix, même aux USA !!! alors que pour les Catholiques, concernant la vente des Sainte-Reliques, il y a toujours cette interdiction absolue établie par le canon 1190 di Code de Droit Canonique. 

Tout de même étrange qu'un don fait à un musée se retrouve en vente sur Ebay...



samedi 22 juillet 2017

Mise en route de l'aéroport

La nouvelle tant attendue est enfin tombée : vous serez bientôt en mesure de venir passer quelques jours à Sainte-Hélène (séjour minimal : 7 jours) et les domaines nationaux à Sainte-Hélène pourront enfin être visités.  
Ci-dessous, j’ai résumé la situation à partir des informations que nous avons aujourd’hui à notre disposition.

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[Toutes les heures indiquées dans ce texte le sont en heure moyenne de Greenwich (UTC)]

La ligne régulière « Sainte-Hélène - Johannesburg - Le Cap » est enfin officiellement créée.
Elle est gérée par « SA Airlink », filiale de la South Africa Airline (SAA).

Un contrat de trois ans entre la SA Airlink et le Gouvernement de Sainte-Hélène a été signé le 21 juillet 2017. Après dix-huit mois d’attente, un accord a enfin été trouvé pour utiliser l’aéroport de Windhoek en Namibie comme zone de transfert entre Johannesburg et Le Cap en Afrique du Sud. Cet arrangement devrait satisfaire la plupart des demandes du public local et international.

L’avion brésilien, Embraer E190-100IGW sera l'appareil qui assurera ce service. À l‘occasion des vols d’essai effectués en décembre 2016 (vols Uitgebreide), cet appareil s’est avéré être le plus adapté aux vents contraires et autres turbulences fréquentes à Sainte-Hélène.

À ce jour, seuls les prix des billets et la date de la mise en route du service doivent encore être finalisés.



Les vols aller-retour  Johannesburg/Le Cap - Sainte-Hélène aura lieu une fois par semaine, le samedi.
Pour l’aller :
Johannesburg (JNB) →  Windhoek (WDH): 07:00-09:00
Cape Town (CPT) → Windhoek (WDH): 06:30 – 08:30
Windhoek (WDH) →  St Helena (HLE): 09:30 – 13:15

Pour le retour :
St Helena (HLE) →  Windhoek (WDH): 14:30 – 18:05
Windhoek (WDH) →  Johannesburg (JNB): 18:40 – 20:30
Windhoek (WDH) →  Cape Town (CPT): 19:05 – 21:00

Le nombre de passagers 

L'appareil utilisé limitera initialement le nombre maximal de passagers à 76. Ce chiffre est inférieur à 20 de celui initialement énoncé dans le document d'appel d'offre. Il a été nécessaire de réviser ce nombre à la baisse afin d’obtenir  un poids optimal pour permettre un atterrissage en toute sécurité même en cas de vent arrière sur la piste de Sainte-Hélène.

Allocation bagages

En classe économique, le passager sera autorisé à un bagage en soute de 20 kg maximum plus un  bagage cabine n’excédant pas 8 kg.
En classe affaires, le passager sera autorisé à un ou deux bagages de soute de 30 kg maximum plus deux bagages cabine n’excédant pas 8 kg chacun.



VOLS DE SAINTE-HÉLÈNE à l'île ASCENSION

Un vol aller-retour aura lieu le deuxième samedi de chaque mois avec l'île de l'Ascension. L'avion quittera Sainte-Hélène à 14h30 et la durée du voyage inter-îles se fera en deux heures.
L’avion restera la nuit à Ascension d’où il repartira le lendemain à 11h15 pour revenir à Sainte-Hélène à 13: 15, puis départ pour Windhoek le dimanche à 14h30.



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Pour rappel : En novembre 2011, le gouvernement de Sainte-Hélène signa un contrat de 201,5 millions de livres sterling pour la conception, la construction et l'exploitation (DBO) avec Basil Read (Pty) Ltd.
Une clause de ce contrat prévoyait un montant supplémentaire de £ 10 millions pour couvrir d’éventuels aléas et £ 35,1 millions pour une exploitation commerciale de l’aéroport pour une période de dix ans.
L’objet de ce projet était d’offrir des services aériens à Sainte-Hélène qui, de ce fait, permettrait à la fois, au gouvernement britannique, de remplir son obligation de maintenir l'accès à l'île et d’offrir une véritable opportunité de croissance économique par le tourisme.
Le gouvernement de Sainte-Hélène et le gouvernement du Royaume-Uni espèrent que cela conduira à une éventuelle autosuffisance financière pour Sainte-Hélène.


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Ce sont là les points-clés de ce que nous savons. Toutefois, pour plus de renseignements, consultez la page officielle du Gouvernement de Sainte-Hélène : http://www.sainthelena.gov.sh/sa-airlink-to-provide-scheduled-air-services-to-st-helena-and-ascension-island/





mercredi 19 juillet 2017

Longwood... weather

Et bien entendu, comme (presque) toujours, Longwood est dans le brouillard.




Les Briars en hiver

Les années se suivent et ne se ressemblent pas.

Même aux Briars, il pleut !




2016 fut celle de la sécheresse. 2017 est le retour à la normale hélénienne : pluies de juillet à octobre... !!! même au Pavillon des Briars où les églantiers qui donnèrent le nom au domaine sont florissants.


jeudi 6 juillet 2017

Il y a deux cents ans... Les "immortelles"... souvenirs de Napoléon à Sainte-Hélène

À Calcutta, le 22 janvier 1817, Francis Rawdon-Hastings, comte de Moira, marquis d’Hastings Gouverneur-général de l’Inde rédigea une lettre adressée à son homologue/collègue de Sainte-Hélène, Sir Hudson Lowe. Pour faire plaisir à ses amies Lady Holland et Lady Jerningham, il lui annonçait que sa femme, Lady Moira, comtesse de Loudoun, souhaitait faire parvenir à Napoléon un paquet de graines d’immortelles qu’il confiât à un dénommé docteur Hare avec d’autres plantes pour le jardin botanique de Sainte-Hélène. (Source: Lower Papers, volume 20,118)



Ces immortelles ou helichrysum bracteatum arrivèrent le 14 juin 1817 à bord du Lady Campbell. Elles avaient été confiées au docteur Hare qui accompagnait le Lieutenant-Colonel Christopher Fagan, Juge et avocat-général au Bengale. Ce dernier rencontra Napoléon le 19 juin avant de s’en retourner à Londres.
Malheureusement pour Sir Hudson, l’avocat-général partageait avec les ladies Holland, Moira et Jerningham les mêmes idées libérales et ce fut avec colère que Sir Thomas Reade rendit compte à Lowe, que le Lieutenant-Colonel Fagan s'était rendu coupable d'un crime terrible en parlant de Napoléon comme de "Sa Majesté".




vue du plateau de Longwood depuis Deadwood

Depuis cette époque, les immortelles ont recouvert les plateaux de Sainte-Hélène et bordent les routes comme le souvenir d’un hommage des Britanniques libéraux qui s’opposaient à la décision de leur gouvernement conservateur de l’époque d’exiler Napoléon à Sainte-Hélène.  

vendredi 30 juin 2017

Il y a deux cents ans... Napoléon, Murat...

Ce que Napoléon pensait de Murat... 


Texte original recopopié pour les archives du Gouverneur Sir Hudson Lowe


Longwood
30th June 1817.

Dear Sir,

On the 13th of this month I shewed Mr. Maceroni[2]’s interesting parts respecting Joachim Murat to General Buonaparte who read the whole of it through in my presence with some little assistance from me.  In the course of the perusal, he made some occasional remarks.  With respect to Marat himself he observed “Non se piangera perche, era un traditore”.  Murat never had mentioned to him that he intended to defend his Kingdom of Naples by force against him, neither had he ever told him (Murat) that his intentions were to take it from him, and unite it to Italy to form one Kingdom, making him Constable of the Empire and heir thereof.  He certainly made an instrument of Murat to answer grand projects which he had in view with respect to Italy, and intended to dispossess him of the Crown of Naples, but the time was not yet come; and besides, he wants have given him a suitable indemnification.  Murat’s letter to Maceroni was a most ridiculous one, his interference that of a madman and “ha finito sua vita come un coglione". What had he to complain of the Emperor of Austria, who had behaved in the most generous manner to him – had offered him an asylum in his dominions subject to no other restriction than that of not quitting it without the permission which was right and necessary.  What more in good name could he have deserved in the actual state of things.  He himself would not have deserved more in England.  It was a return of good for evil, for Murat had endeavoured to do him all the mischief he could, had tried to deprive him of Italy, had published Proclamations “da coglione” against him, tending to excite insurrection amongst the Italians – had attacked his Troops without reason or judgment like a madman, and had engaged an expedition 
where his plans were so badly arranged, that he never could succeed in uniting even his Guard.  A more liberal generous offer than that made by the Emperor of Austria could not have been made by any power "Belle armée!" said he; “belle armée, indeed ; armée di cazzo !”. You know said he laughing what the Neapolitans are.
Lord Exmouth he said he thought had acted very fairly and honorably by candidly informing Murat, that he could receive him on no other terms than that of surrendering himself a Prisoner of War.  He also observed that he did not believe the statement that Lord Exmouth offered 1000 Louis for Murat’s apprehension.
Murat terminated his life to a madman, undertook an expedition “da coglione al foudo,” to invade Naples with two or three hundred Corsicans at the time that it was occupied by about 20,000 Neapolitans had even been desirous to rise, they would have been afraid of doing so.  He would be lamented by none though at the same time he observed that he was free from that double treachery imputed to him “Bisogna dir la verita”.  Murat had not any correspondence with him, or had not acted in the underhand manner ascribed to him.  That the papers, which had been shewn to prove that, had been falsified.
With respect to the assertions that the cavalry had been badly employed, and that the result would have been different had Murat commanded it, he observed that in that “non c'è mento disproposito”.  It was very probable – He could not be every where himself, and Murat was probably the best cavalry officer in the World.  He would have given more impetuosity to the charges.  There were so but very little to gain the day “enfoncer deux ou trois bataillons” and in all probability Mural would have done that.  He believed there were not to be found in the world two such officers as Murat for the cavalry and Drouot for the Artillery. Murat was a singular character.  Four and twenty years ago, when he was a Captain I took him for my Aide-de-Camp, and caused him to what he was.  He loved, I may say rather, adored me.  In my presence he was, as it were, struck with awe and ready to fall at my feet.  I did wrong ever to separate him from me, for without me, he was nothing.  He was with me a right arm.  Tell Murat to attack and destroy five or six thousand men, no such a direction, it was done in a moment, he was an imbecile without judgment, I cannot conceive how so brave a man could be “aussi lâche”.  He was no where brave unless before the enemy, there his boiling courage carried him into the midst of them covered with plumes and gold (couvert de pennes jusqu'à clocher) and he never returned without having his saber stained with the blood of some slain by his own hand.  Take him in the Cabinet he was a poltroon, an imbecile without judgement or decisions – on the presence of the enemy, a character a Don Quexote.  There Ney and him were the bravest men I ever witnessed.  Murat however was a much nobler character than Ney – Murat was a fine generous of a fellow Ney partook of the “canaglia”. However strange it may be to day, Murat thought he loved me, did me more mischief than any other man ever did, particularly since his return from Elba by attacking the Austrians contrary to his wish.
M. Joliclere so well spoken of by Maceroni,  who describes him as a good and honorable a character, he observed was neither one nor the other – that certainly he was a man greatly attached to him, but that he was a “birbante,” a man of the police, “you know” said he laughing “what kind of honor there gentry have.”
He concluded by observing that notwithstanding M. Maceroni had made it appear that he 
(Maceroni) had acted like a man of honor (s'avesse comportato da uomo d'onore) yet still he suspected him to be nothing very good son intrigante – a mongrel Englishman who, born in England, had an Italian name, is employed by Murat in Naples, afterwards by Fouche and by Metternich, knows every body, said he, shaking his head, “non ha l'aria di onesto nonao” you may depend upon it that he is an intrigante and very far from what he labours to make himself appear.

I have the honor &c.
(Signed) Barry E. O’Meara



Traduction

AU LIEUTENANT-GÉNÉRAL SIR HUDSON LOWE.
Longwood, 30 juin 1817
Cher monsieur,
Le 13 de ce mois, j'ai montré les « Faits intéressants touchant Joachim Murat » publiés par M. Maceroni, au général Bonaparte, qui a lu le tout en ma présence en se faisant un peu aider par moi. Cette lecture lui a fourni l'occasion de plusieurs remarques. Quant à Murat lui-même, il a dit :
«Non se piangera, perche era un traditoreMurat ne lui avait jamais donné a entendre qu'il voulût défendre son royaume de Naples par la force contre lui, et jamais, de son côté, il n'avait dit à Murat qu'il eût l'intention de le lui prendre pour l'unir au "reste de l'Italie et n'en former qu'un seul royaume, le créant connétable de l'empire en dédommagement. Murat était certainement pour lui l'instrument de grands projets sur l'Italie; son intention était bien de lui ôter la couronne de Naples, mais le temps n'était pas encore venu, et dans tous les cas il l'eût convenablement indemnisé. La lettre de Murat à Maceroni était on ne peut plus-ridicule, son entreprise celle d'un fou, et «ha flnito sua vitacorne un coglione,…[1]. Qu'avait-il à se plaindre de l'empereur d'Autriche, qui s'était conduit de la manière la plus généreuse avec lui et lui avait offert un asile dans ses États, sans autre restriction que celle de ne pas les quitter sans sa permission, restriction juste et nécessaire? Que pouvait-il, au nom du ciel, exiger de plus dans l'état actuel des choses? Lui-même n'en aurait pas demandé davantage en Angleterre. C'était rendre le bien pour le mal, car Murat avait essayé de faire tout le mal possible à l'empereur d'Autriche. Il avait tenté de lui enlever l'Italie ; il avait publié contre lui des proclamations de coglione, tendant à exciter des insurrections parmi les Italiens ; il avait attaqué ses troupes sans raison ni jugement, comme un fou, et il s'était engagé dans une expédition où ses plans étaient si mal conçus, qu'il ne put jamais parvenir à réunir même sa garde. Aucune puissance n'aurait pu lui faire une offre plus libérale, plus généreuse que celle de l'empereur d'Autriche. Belle armée! disait-il; belle armée, en vérité; armée di cazzo! « Vous savez, ajouta-t-il en riant, ce que sont les Napolitains. » Lord Exmouth avait agi, selon lui, en homme loyal et en homme d'honneur, en informant franchement Murat qu'il ne pouvait le recevoir à son bord que comme prisonnier de guerre. Il lui semblait impossible de croire que lord Exmouth eût offert mille louis pour la capture de Murat. Murat avait terminé sa vie en insensé; il avait entrepris une expédition « da coglione al fondo, » tentant d'envahir le royaume de Naples avec trois cents Corses, à une époque où il était occupé par vingt mille Autrichiens. Les Napolitains, en leur supposant l'envie de se soulever, n'auraient osé le faire. Personne ne le plaindrait; cependant il n'était pas coupable de la double trahison dont on l'accusait. «Bisogna dir la verita. » Murat n'entretenait aucune correspondance avec lui et n'avait pas agi en dessous main, comme on le lui imputait. Les papiers produits pour le prouver étaient falsifiés. Quant à l'assertion que la cavalerie avait été mal employée (à Waterloo), et que le résultat eût été différent si Murat l'avait commandée, il fit observer qu'en cela «non c' è mente disproposito ; » c'était très-probable. Il ne pouvait être partout lui-même; or Murât, qui était probablement le meilleur officier de cavalerie du monde, aurait donné plus d'impétuosité à la charge. Il fallait bien peu de chose pour gagner la journée, enfoncer deux ou trois bataillons; selon toute probabilité, Murât l'aurait fait. Dans son opinion, il n'y avait pas au monde deux officiers comparables à Murât pour la cavalerie et à Drouot pour l'artillerie. Murat avait un singulier caractère. «A vingt-quatre ans, lorsqu'il était simple capitaine, je l'avais pris pour aide-de-camp et élevé à ce qu'il était devenu. Il m'aimait, je devrais plutôt dire qu'il m'adorait. En ma présence il était, pour ainsi dire, frappé d'un respect religieux et prêt à tomber à mes pieds. J'eus tort de l'éloigner de moi, car sans moi ce n'était rien ; avec moi, c'était mon bras droit. Vous ordonniez à Murat d'attaquer et de détruire cinq à six mille hommes dans telle direction, en un instant la chose était faite. Il manquait tout à fait de jugement. Je ne conçois pas comment un homme si brave pouvait être aussi moralement lâche. Il n'avait de bravoure que devant les ennemis. Là, son bouillant courage l'emportait au milieu d'eux couvert de plumes et d'or (couvert de pennes jusqu'à clocher), et il ne revenait jamais sans que son sabre fût teint du sang de plusieurs ennemis tués de sa main. Dans le cabinet c'était un poltron, un homme sans jugement, sans décision; en présence de l'ennemi, un chevalier à la don Quichotte. Ney et lui étaient les hommes les plus braves que j'aie jamais vus. Murat cependant avait un plus noble caractère que Ney. Murât était un bel homme, généreux, ouvert; Ney tenait de la canaglia. Chose étrange à dire! Murât, quoiqu'il m'aimât, m'a fait plus de mal que personne au monde, surtout depuis mon retour de l'île d'Elbe, en attaquant les Autrichiens contre mon désir. M. Joliclerc, dont Maceroni dit tant de bien et qu'il représente comme un homme d'un si bon et d'un si honorable caractère, n'était ni l’un ni l'autre, mais un birbante « un homme de police. » « Vous savez, ajouta-t-il en riant, l'espèce d'honneur qu'ont ces gens-là. » Il conclut en observant que si M. Maceroni s'était donné à lui-même l'air d'avoir agi en homme d'honneur, s'avesse comportato da uomo d'onore, il ne l'en soupçonnait pas moins de n'être rien de bon, un intrigant, un Anglais métis, né en Angleterre et portant un nom italien, employé par Murat à Naples, ensuite par Fouché et par Metternich, «connaissant tout le monde, » dit-il en hochant la tête; « non ha Varia di onesto uomo. » « Vous pouvez en être certain, c'est un intrigant et tout autre chose que ce qu'il tâche de paraître.»


[1] Noie du traducteur. Ce mot italien, employé si souvent et dans des acceptions si diverses par Napoléon, ne fait que traduire ici l'expression contenue dans la phrase précédente:... « son entreprise fut celle d'un fou.» Murat déploya devant la mort son habituel courage, et Napoléon ne peut lui rendre-un plus beau témoignage à cet égard qu'en le mettant plus loin, au même rang que Ney, le brave des braves.




[2] Colonel Francis Maceroni (sometimes known as "Count Maceroni"), born Francis Macirone (1788–1846), was a soldier, diplomat, revolutionary, balloonist, author and inventor. Born the son of Peter Augustus Macirone, an Italian merchant and former school teacher living in England, Maceroni became a Colonel of Cavalry and served as aide de camp to Joachim Murat, the King of Naples during the Napoleonic Wars and fought with the Spanish insurgents in 1822-23 during the Trienio Liberal.