Présentation des domaines nationaux de Sainte-Hélène

Présentation des domaines nationaux de Sainte-Hélène

mercredi 28 octobre 2015

La Tombe de Napoléon à Sainte-Hélène

Peu de temps avant sa mort, Napoléon fit son testament. Il demandait que ses « cendres » soient rapatriées en France, et qu'elles « reposent sur les bords de la Seine, au milieu de ce peuple français que j'ai tant aimé ».



Au cas où cela lui serait refusé, il émit le vœu d'être enterré dans la Vallée des géraniums (Sane Valley) sous les saules près de la petite fontaine, dont l'eau potable était acheminée chaque jour à Longwood.

Ce dernier souhait fut exaucé et, le 9 mai 1821, ses funérailles eurent lieu sous la conduite du Père Vignali. Les Anglais lui rendirent les honneurs militaires dus à un officier général. Napoléon fut enterré entouré d'une garnison de 3000 hommes alignés le long du parcours, armes renversées.

Les saules pleureurs qui, à l’origine, se penchaient sur la tombe, ont disparu depuis longtemps, effeuillés et écorcés par les chasseurs de souvenirs.

L’enseigne de vaisseau Darroch fait un récit précis de la cérémonie :
« Napoléon Bertrand et le premier valet marchaient de chaque côté du corbillard. Six de nos propres grenadiers, sans armes, marchaient à leurs côtés. Le corps était suivi par un cheval joliment caparaçonné. De part et d'autre, les comtes Bertrand et Montholon étaient à cheval. Derrière eux, une petite voiture transportait la comtesse et deux de ses enfants. Tous les Français étaient en noir. Les officiers de la marine et de l'état-major les suivaient et quand l'ensemble du cortège passa nous renversâmes nos armes et le suivîmes à notre tour. Les troupes ne descendirent pas dans la vallée, mais nous nous formâmes en un rang sur la route qui surplombe la tombe, dans le même ordre, en nous appuyant sur nos armes renversées, alors que la cérémonie se poursuivait. »

Il décrit aussi la tombe :

« Elle était profonde de plus de douze pieds, longue de huit et large de six pieds, et entourée par un mur épais de trois pieds environ enduit d’un ciment romain qui le recouvrait entièrement. Posé à environ deux pieds du sol sur des blocs de pierre, le caveau était comme une grande boîte ouverte et son couvercle était posé sur l'un des bords. »

Le Général Montholon avait demandé à faire graver sur la tombe cette inscription en français:

NAPOLÉON
Né à Ajaccio le 15 août 1769
Mort à Sainte-Hélène le 5 mai 1821

Le gouverneur s'y opposa, et insista pour que « Bonaparte » soit ajouté. Les Français décidèrent alors de laisser la pierre nue. Il est difficile de comprendre les raisons qui ont poussé Sir Hudson Lowe à refuser cette simple inscription. Jusqu’au bout, Sir Hudson Lowe s’acharna à ne voir en Napoléon qu’un général vaincu

Après l'inhumation, la tombe fut gardée constamment par des sentinelles. Simple précaution, afin d'éviter que le corps de l'exilé ne soit enlevé, précaution qui perdura jusqu'au jour où l'expédition « Belle-poule » mandatée par Louis Philippe rapatria le corps en France.

C'est en France qu'il repose, près de la Seine, donnant enfin raison à la prophétie de Victor Hugo :

« Sire, vous reviendrez dans votre capitale
Sans tocsin, sans combat, sans lutte et sans fureur,
Traîné par huit chevaux, sous l'arche triomphale,

En habit d'Empereur. » 

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire