Présentation des domaines nationaux de Sainte-Hélène

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mercredi 27 janvier 2016

La volière de Napoléon à Sainte-Hélène #2



Un serviteur de Napoléon nous parle de cette volière : 

« Lorsqu'on avait creusé le grand bassin du jardin de Noverraz (celui dans lequel on avait mis des poissons), on avait attaqué et même coupé les principales racines du sapin ; cet arbre se sécha, étant privé des sources de la vie. Pour occuper cette place, l'Empereur fit faire par un Chinois (celui dont j'ai déjà parlé) une grande cage ou volière en bambou, couronnée d'une espèce d'oiseau que le Chinois donna pour un aigle. Pour peupler la cage, l'Empereur fit acheter quelques douzaines de serins. Ces petits oiseaux demeurèrent un ou deux mois dans leurs petites cages suspendues dans le berceau, en attendant que la volière que l'on construisait fût terminée. Tous les jours, on donnait à ces petits volatiles tout ce qu'il leur fallait pour vivre ; mais ils furent pris par le « bouton », dont peu à peu presque tous moururent. Les quelques-uns qui restèrent devinrent la proie des chats. En définitive, la volière organisée et placée eut pour premiers habitants un faisan estropié et quelques poules. Pour ne pas perdre celles-ci, on fut obligé de les retirer de la cage quelques jours après. Quant au malheureux faisan, il termina ses jours dans la prison. L’idée vint alors è l'Empereur de mettre des pigeons dans la volière. Pendant quelques jours on tint enfermés les nouveaux habitants ; mais, aussitôt que la porte leur fut ouverte, ils retournèrent à leur précédent domicile. La cage resta sans oiseaux, comme le bassin sans poissons »[1].

Au  musée de Châteauroux on peut encore voir la volière originale. Avec le soutien de la Fondation Napoléon et de Jean et Vivianne HUET, une copie en a été faite en 2005 mais vue sa taille nous étions dans l’incapacité de la présenter au public à l'intérieur des bâtiments.







Pour la protéger des intempéries, une structure en forme de pagode a été posée aujourd’hui pour l’accueillir dans les jardins.








Il ne nous reste plus qu'à trouver l' "espèce d'oiseau que le Chinois donna pour un aigle".


[1] Souvenirs du Mameluck Ali (Louis-Etienne SAINT-DENIS) sur l'Empereur Napoléon - Introduction de G. Michaut, Professeur à la Sorbonne - Ed. Payot, Paris, 1926 p. II-204-205

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