Présentation des domaines nationaux de Sainte-Hélène

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lundi 29 février 2016

Restauration de la salle-de-bains

Après la restauration du salon et de la chambre mortuaire de l’empereur, avec le soutien de la Fondation Napoléon, nous travaillons à la restitution en l’état 1821 de la salle-de-bains de Longwood House.


Avant restauration. Les murs étaient peints en vert identique à celui de 1815.

À partir d’un fragment original, les ateliers d’Offard ont confectionné tout spécialement des rouleaux de papier peint identique.



Les rouleaux ont été fabriqués en France, dans les ateliers d’Offard 


Après un gros travail de rénovation des plâtres (nous sommes dans la partie la plus ancienne – fin XVIIe siècle – de la maison et les restaurations sont très compliquées) et d’encaissement des circuits électriques, nous avons collé les papiers.



Il nous reste à fabriquer les barres-à-chaises sur le modèle des boiseries originales. Les travaux devraient être achevés vers la fin du mois de mars.


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Au sujet de cette pièce, voici quelques témoignages :

 « L'Empereur ayant pris l'habitude de déjeuner très fréquemment dans son bain, j'[Louis Marchand] avais fait faire une petite table d'acajou qui, retenue par des crochets aux extrémités entrait dans la baignoire à la hauteur qu'il voulait. Sur cette table, on lui servait son déjeuner, puis après, son livre ou ses papiers; il ne restait jamais moins d'une heure et demie dans son bain, dont il entretenait la chaleur en laissant couler un petit filet d'eau; l'un de ces messieurs était appelé, causait ou travaillait avec lui; souvent après avoir causé avec l'un, il en faisait demander un autre. Ces bains lui faisaient du bien et diminuaient, disait-il, une douleur sourde dans le côté, dont il commençait à se plaindre[1]»
Pose des papiers par les employés de la compagnie locale John I. Isaac


« Lorsque l'Empereur sortait du bain, deux draps bien chauds étaient préparés; l'un d'eux lui était jeté sur le corps, il s'en enveloppait et passait de la salle de bains dans sa chambre à coucher, où un feu clair était préparé; le second drap lui était mis sur les épaules, et il se trouvait ainsi bien essuyé[2]. »

« La porte qui ouvrait sur la salle de bain était masquée par un mauvais paravent à la suite duquel était un vieux sofa recouvert de calicot. C'était sur ce triste meuble que Napoléon reposait habituellement[3]. »

« Je reste deux heures dans son cabinet de bain, où j'étouffe de chaleur[4]. »

« Le comte Montholon m'a mentionné hier l'état affreux dans laquelle la salle de bain se trouvait lorsqu’ils ont soulevé le plancher. L'eau s'y était logée en-dessous à cause des écoulements, et les ouvriers y étaient avec de la boue jusqu’aux genoux ; il a dit que le plancher de la salle de billard était aussi mauvais par endroits, mais qu’il durera encore quelques mois au bout desquels – ai-je répondu – la nouvelle maison sera achevée. Il a alors dit que ce serait une bonne chose car l’habitation présente était dans un état de ruine[5] ».


 
Restauration en cours

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Aussi étonnant que cela puisse paraitre (et encore plus pour l’époque), à partir de 1818, les murs de la salle-de-bain étaient recouverts de papier peints :

« Une troisième pièce, la salle de bains, fut aussi nettoyée. On colla sur les murs du papier chinois, fond bleu foncé à roses et feuillage en argent. L'ameublement se composait de la baignoire, ayant la forme d'un carré long, les angles arrondis, et étant revêtue d'une boiserie peinte, couleur bois, d'une table en acajou et d'une chaise. Cette pièce a trois ouvertures, deux portes et une fenêtre. Celle-ci, garnie de rideaux, donne sur le grand jardin ouest ; une porte donne entrée au cabinet et l'autre communique à l'antichambre des valets de chambre[6]. »


Reste à faire les travaux de menuiserie

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Quant à la baignoire originale, elle sera présentée à l’exposition aux Invalides qui ouvrira ses portes le 5 avril prochain. Voici ce qu’en disait Louis Marchand, premier valet de Napoléon : 

« La baignoire était un grand coffre de chêne doublé de plomb et d'une grandeur démesurée ; elle exigeait une très grande quantité d'eau, dans un endroit où il fallait aller la chercher à un demi-mille de distance dans un tonneau. Je dis à l'Empereur qu'il avait fallu un temps infini pour chauffer ce bain, la chaudière étant beaucoup trop petite pour la baignoire. A quelques jours de là, par les soins du Dr O'Meara, il en vint une autre de la ville contenant moins d'eau; on s’en servit Jusqu’à l’arrivée de celle expédiée de Londres pour la nouvelle maison[7]. » 

Elle devrait reprendre sa place à Longwood vers la fin de l’année en cours, lorsque l’exposition sera terminée.









[1] Mémoires de Marchand, Premier Valet de Chambre et exécuteur testamentaire de l'Empereur publiés d'après le manuscrit original par Jean Bourguignon, membre de l'Institut et le Cdt Henry Lachouque - Volume 2 (Sainte-Hélène) - Paris, Librairie Plon, 1955. Page 92
[2] Mémoires de Marchand, Premier Valet de Chambre et exécuteur testamentaire de l'Empereur publiés d'après le manuscrit original par Jean Bourguignon, membre de l'Institut et le Cdt Henry Lachouque - Volume 2 (Sainte-Hélène) - Paris, Librairie Plon, 1955. Page 248
[3] Mémoires du Docteur F. ANTOMMARCHI ou les derniers momens de Napoléon - Edité à Paris chez Barrois L'ainé, Libraire, rue de Seine, N+10, Faub. Saint-Germain – 1825. Vol. 1 p.121
[4] GOURGAUD (Général Baron Gaspard) - Journal de Sainte-Hélène 1815-1818 du Général Baron Gourgaud - édition augmentée d'après le texte original - Introduction et notes par Octave Aubry - Ed. Flammarion, 1947. Volume 2, p.82
[5] Lowe Papers Vol. 20,129, rapport de Lutyens à Gorrequer, 17 mars 1820. f.268
[6] Souvenirs du Mameluck Ali (Louis-Etienne SAINT-DENIS) sur l'Empereur Napoléon - Introduction de G. Michaut, Professeur à la Sorbonne - Ed. Payot, Paris, 1926 – Vol. 2, pp. 226-227
[7] Mémoires de Marchand, Premier Valet de Chambre et exécuteur testamentaire de l'Empereur publiés d'après le manuscrit original par Jean Bourguignon, membre de l'Institut et le Cdt Henry Lachouque - Volume 2 (Sainte-Hélène) - Paris, Librairie Plon, 1955. Page 53

1 commentaire:

  1. Merci pour toutes vos publications. Nous attendons le 6 avril avec une grande impatience.

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