Présentation des domaines nationaux de Sainte-Hélène

Présentation des domaines nationaux de Sainte-Hélène

jeudi 10 mars 2016

L'EXPOSITION NAPOLÉON À SAINTE-HÉLÈNE, par la Fondation Napoléon

Alors que se règlent les derniers détails, le directeur de la Fondation napoléon, sous forme d’interview, nous invite à ne pas manquer de visiter cette exposition qui est superbe.

INTERVIEW
THIERRY LENTZ : « L'EXPOSITION NAPOLÉON À SAINTE-HÉLÈNE, UNE OCCASION UNIQUE DE VOIR ENSEMBLE DES OBJETS JAMAIS RÉUNIS DEPUIS 1821 »
Historiens : LENTZ Thierry, historien, directeur de la Fondation Napoléon
L'exposition Napoléon à Sainte-Hélène. La conquête de la mémoire, qui sera présentée au Musée de l'Armée du 6 avril au 24 juillet 2016, s'annonce exceptionnelle à plus d'un titre. La Fondation Napoléon y a joué un rôle, au sein du Comité scientifique (grâce à Pierre Branda, responsable du Patrimoine chargé des finances et des collections), puis comme mécène et prêteur. Cet événement s'inscrit ainsi, et pas si indirectement, dans l'opération « Sauver la Maison de Napoléon à Sainte-Hélène », qu'elle clôture et, si l'on ose dire, couronne. Thierry Lentz nous en dit plus sur le pourquoi et le comment de l'exposition, du point de vue de la Fondation dont il est le directeur.  Propos recueilis par Irène Delage en février 2016


Comment l'idée de cette exposition est-elle née ?

© Musée de l'Armée, 2016
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Thierry Lentz : On doit rendre ici hommage aux responsables du Musée de l'Armée d'avoir accueilli avec enthousiasme l'idée d'une grande exposition sur Napoléon à Sainte-Hélène, que le président de la Fondation, M. Victor-André Masséna*, leur a soumise il y a deux ou trois ans. À cette époque, nous savions qu'une trentaine de meubles originaux de Longwood allaient être transportés en France pour restauration. Nous voulions absolument que les donateurs de la souscription « Sauver la Maison de Napoléon à Sainte-Hélène » puissent les voir, dès lors qu'ils finançaient par leurs dons cette opération exceptionnelle. Les responsables du musée –dont je rappelle que le directeur, actuellement le général de division Christian Baptiste, est statutairement « gardien du tombeau de l'Empereur »– ont donc dit « banco ! » et ont élargi le propos afin que le « grand public » puisse lui aussi venir, voir, passer du temps dans les salles et s'instruire. Le résultat est formidable. Partant, la Fondation a jugé qu'il serait souhaitable d'accorder un mécénat important au projet et, dans la mesure où le Musée de l'Armée le souhaitait, de participer à la préparation de l'exposition. Les choses se sont passées comme prévu et voici donc le moment venu de présenter au public, non seulement les plus importants meubles de Longwood, mais aussi des dizaines de souvenirs de Sainte-Hélène au public.

Pour la Fondation, cette exposition est donc aussi l'aboutissement de plusieurs années de travail avec le ministère des Affaires étrangères et les Domaines nationaux de Sainte-Hélène. Deux mots sur cette collaboration…
Thierry Lentz : Dans le cadre de notre mission de préservation du patrimoine napoléonien et de la réflexion que nous avons menée, de concert avec le ministère des Affaires étrangères, nous avons été amenés à programmer une grande restauration de l'aile des généraux de Longwood. Le ministère a pu dégager 700 000 euros et la Fondation, avec le Souvenir napoléonien, a organisé une souscription internationale pour réunir d'autres fonds : grâce à 1 600 donateurs nous avons pu récolter 1,5 million d'euros. Une restauration plus importante a donc été entreprise : salon où est mort l'Empereur, salle de bain, anciennes écuries et toiture des communs. Le tout, sous le contrôle du directeur des Domaines et d'un architecte en chef des Monuments historiques, a été réalisé par un entrepreneur local, dans le respect du délai et des devis. Dans ce cadre, comme les Domaines de Sainte-Hélène conservent presque la totalité du mobilier authentique de l'exil, qui n'avait pas été restauré depuis 200 ans, nous avons transporté en France les 32 pièces les plus importantes, tandis que 78 autres seront entretenues à Sainte-Hélène par un spécialiste spécialement formé grâce à une subvention du Gouvernement de Sainte-Hélène, d'une part, par un professionnel sélectionné par le musée de Malmaison, qui a effectué deux séjours sur place et, d'autre part, en complétant sa formation en Angleterre, dans une école réputée. Les meubles transférés en France ont été restaurés, sous le contrôle de conservateurs du patrimoine, dans des ateliers français. Les plus emblématiques sont présentés dans l'exposition du Musée de l'Armée, avant de reprendre leur place à Longwood. L'exposition sera donc une occasion unique de les voir à Paris.
C'est pour nous l'aboutissement d'une opération qui aura pris de nombreuses années. Ceci étant dit, notre travail ne sera vraiment terminé que lorsque les meubles restaurés auront repris leur place dans la maison de Longwood, ce qui devrait être le cas au début de l'année prochaine. 
Outre les meubles de Longwood, que pourra-t-on voir dans l'exposition ?
Thierry Lentz : Une des intérêts de l'exposition est de voir des objets et des oeuvres que l'on ne voit plus depuis des lustres, dans une scénographie très réussie et dans une démarche pédagogique qui devrait plaire au public, même moins informé que les napoléonistes que nous sommes. Les principaux objets de Sainte-Hélène ne sont plus présentés au public depuis des années. Ainsi, le musée de Bois-Préau, où se trouve le gros des souvenirs de Sainte-Hélène, provenant notamment de la collection Marchand, est fermé depuis 1999. On nous a toutefois affirmé que les autorités responsables avaient en main toutes les études nécessaires pour une réouverture. Ne manque que le calendrier et…le financement. Les souvenirs de Sainte-Hélène sont donc précieusement conservés dans des réserves…où ils retourneront à l'issue de l'exposition. Mais là aussi, on nous a précisé qu'une partie au moins de ces souvenirs sera exposée de façon plus pérenne dans le château de Malmaison lui-même. Autre grand détenteur de souvenirs, le Musée de l'Armée ne présente plus ceux-ci dans ses salles permanentes depuis la restructuration du début des années 2000. Signalons que c'est ce musée qui conserve le lit dans lequel l'Empereur a rendu son dernier soupir et que cette pièce à bien des égards émouvante sera présentée dans l'exposition.
En résumé, outre les prêts d'autres institutions et les meubles venus de Longwood, c'est une occasion unique de voir ou revoir ces fantômes d'histoire sortis exceptionnellement des réserves et réunis en un même lieu. J'ajoute enfin que, pour l'occasion, nous recevrons à Paris M. Mark Capes, gouverneur de Sainte-Hélène, et son épouse qui participeront à de nombreuses manifestations. Ce sera l'occasion de remercier M. Capes de tout ce qu'il a fait pour notre « projet Sainte-Hélène », à quelques semaines de l'ouverture de l'aéroport qui rendra plus facile les voyages sur une île qui sera un peu moins au bout du monde.
L'exposition permettra ainsi de déambuler, et même plus, dans un ensemble d'objets que l'on ne reverra plus à Paris (les meubles de Longwood) et d'autres que l'on ne reverra pas avant longtemps. Excellente raison de se précipiter au Musée de l'Armée.

Février 2016

*M. Victor-André Masséna, prince d'Essling, est aussi vice-président du Conseil d'administration du Musée de l'Armée.


Same INTERVIEW in English
THIERRY LENTZ: EXHIBITION “NAPOLEON ON ST HELENA: HIS FIGHT FOR HIS STORY” AN EXCEPTIONAL OPPORTUNITY TO SEE OBJECTS THAT HAVE NOT BEEN SEEN TOGETHER SINCE 1821
The exhibition “Napoleon on St Helena: His fight for his Story” which will take place at the Musée de l'Armée (Army Museum) in Paris from 6 April to 24 July 2016, promises to be exceptional in more ways than one. The Napoleon Foundation has played a part in this project: as a member of the Historical Committee (via Pierre Branda); then as patron, and also lender. This event is an extension of the "Save Napoleon's House on St Helena” appeal, in no indirect way either. Indeed it completes that operation and, dare we say it, crowns it. Thierry Lentz tells us more about the why and the how of the exhibition, from the perspective of the Fondation Napoléon of which he is the Director.   (Interview with Irène Delage in February 2016)


How did this exhibition come about?

http://www.napoleon.org/fr/picts/pix.gif
Poster of the exhibition at the Musée de l'Armée, Paris
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Thierry Lentz: We must pay tribute here to the directors of the Musée de l'Armée for having so enthusiastically welcomed the idea of a major exhibition about Napoleon on Saint Helena, when the president of the Fondation, Victor-André Masséna*, suggested it to them about two or three years ago. At that time, we knew that thirty original items of furniture from Longwood were to be transported to France for restoration. We really wanted the contributors to the "Save Napoleon's House on St Helena" appeal to be able to see them, since it was thanks to their donations that this exceptional operation was made possible. The Army museum officials - whose director, currently Division General Christian Baptiste, is, let us not forget, the statutory "guardian of the tomb of the Emperor" - said "You're on!” and then expanded the concept so that a “wider public” could also come and see, and spend time and learn something in the course of the exhibition. Accordingly, the Foundation felt it would be desirable to provide significant sponsorship to the project and to participate in the preparation of the exhibition as indeed the Musée de l'Armée desired. Everything has gone as planned, and now the time has come to present to the public not only the most important furniture from Longwood, but also dozens of historic souvenirs from St Helena.
For the Fondation Napoléon, this exhibition is the culmination of several years of work with the French Ministry of Foreign Affairs and the French Domains of St Helena. Can you tell us a little about this collaboration?
Thierry Lentz: As part of our mission for the preservation of the Napoleonic heritage and as a result of discussions with the Ministry of Foreign Affairs, we decided to undertake the major restoration of the Generals' Wing at Longwood. The Ministry was able to contribute 700,000 euros and the Fondation Napoléon, with the help of the Souvenir Napoléonien, organised an international appeal in order to raise additional funds: Thanks to 1,600 donors, we were able to increase this sum by 1.5 million euros. We were therefore able to consecrate the additional funds to more extensive restorations including the room where the Emperor died, his bathroom, the old stables and the roof of the commons areas. All the work, supervised by head architect of the Monuments Historiques (historical monuments), was carried out by a local contractor, in compliance with the original deadline, estimate and specifications. As part of this restoration project, as the French Domains of St Helena still possess almost all of the original furniture from the period of exile, which had not been restored for 200 years, we decided to bring to France the 32 most important pieces, leaving the 78 others which will be looked after on St Helena by a professional who has received specialist trained thanks to a grant from the Government of St Helena. The furniture transferred to France has been restored under the supervision of curators in French workshops. The most emblematic of these pieces will be presented in the exhibition at the Army Museum, before being taken back to Longwood. The exhibition will therefore be a unique opportunity to see them in Paris.
For us this is the culmination of a process that has taken many years. That said, our work will not really be complete until the restored furniture is back in place at Longwood House, probably at the beginning of next year.

Besides the furniture from Longwood, what else will we be able to see in the exhibition?
Thierry Lentz: One of the interesting aspects of this exhibition is that it will be a chance to see objects and works that simply have not been seen in public for ages. The idea is to present them via an appealing scenography and in an intelligent informative way which we hope will engage the public - even those not yet as knowledgeable on the subject as us Napoleonists!

The principal objects from St Helena have not been displayed to the public for years. The Musée National du Château de Bois-Préau [managed by the Château de Malmaison] where the bulk of the memorabilia of St Helena are kept, in particular those from the Marchand collection, has been closed since 1999 and, to my knowledge, there is no plan to reopen it in the near future. Apparently, that is not a priority. All the souvenirs of St Helena are carefully preserved in storage boxes into which they will most likely return for a long time after this exhibition. The other principal caretaker of the historical memorabilia from St Helena is the Musée de l'Armée (Army Museum in Paris) which, since the restructuring of that museum in the early part of this century, no longer has them on permanent display. Let us not forget that the Army museum also possesses the very bed in which the Emperor breathed his last, so this moving object, in more ways than one, will of course be part of the exhibition.

To sum up then, besides loans from other institutions and the furniture from Longwood, this is a unique opportunity to see all these ghosts of history released from their storage exceptionally and gathered together in one place. The most important objects will be there, with a few exceptions – the Château de Malmaison refused to lend certain objects such as the shirt Napoleon was wearing on 5 May 1821 at 5.49 in the evening and the manuscript of Marchand's Memoirs. Why? Conservation reasons, apparently. It is a great shame because there will not be another opportunity to bring all these pieces together again anytime soon.
The exhibition will be a rare chance to wander amongst an ensemble of objects that will never be seen again in Paris – I am talking about the Longwood furniture here -, not forgetting of course the other ‘French' pieces that will disappear back into storage. What better excuse could there be for hurrying along to the Army Museum in Paris?
February 2016


* Victor Andre Massena, Prince of Essling, is also vice chairman of the Board of Trustees of the Musée de l'Armée, Paris.


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