Présentation des domaines nationaux de Sainte-Hélène

Présentation des domaines nationaux de Sainte-Hélène

vendredi 20 mai 2016

les 150 ans des domaines français (partie 1 - le contexte historique)



Le Ministère des Affaires Etrangères avait organisé en 2006 une exposition sur le "congrès de Paris" de 1856.
Cet exposé nous permet de replacer l'achat des domaines dans son contexte historique et ainsi mieux comprendre comment une acquisition aussi exceptionnelle a pu se produire.

Napoléon III et l’Europe - Le congrès de Paris (1856) - Présentation


Napoléon III, 1859
Portrait de Napoléon III vers 1859.
Paris, Archives du ministère des Affaires étrangères.

La plume féroce de Victor Hugo a légué à la postérité l’image caricaturale d’un Napoléon III le petit, bien pâle copie de son oncle. La modernité des idées napoléoniennes en politique extérieure mérite pourtant mieux qu’un portrait-charge. La vision européenne de l’empereur - une confédération des nations pour garantir la paix - attire ainsi l’attention.

1856 : la guerre menée en Crimée par la France et ses alliés contre une Russie expansionniste vient de s’achever. Nouveau chef d’orchestre du « concert européen », Napoléon III accueille à Paris les représentants des grandes puissances du temps appelés à participer à la conférence de la Paix. Dans le décor rouge et or d’un Quai d’Orsay flambant neuf, les diplomates dessinent les contours d’une nouvelle Europe où triomphera bientôt, avec l’unité italienne ou l’indépendance de la Roumanie et de la Serbie (1878), le principe des nationalités. L’Europe moderne, avec, en ses confins, une Russie et une Turquie en voie de modernisation, apparaît en filigrane. En France, l’Empereur, fort de ce succès diplomatique, renforce son emprise sur la société. Défilés militaires, propagande par l’image, accueil spectaculaire de souverains européens : tout est fait pour gagner l’opinion.

Promulgation du traité de Paris
Affiche annonçant la promulgation du traité de Paris en date du 28 avril 1856. Rio de Janeiro, 17 juin 1856.

« C’est une paix qui, comme Lord Clarendon l’avait dit au Parlement, est honorable pour tous, et qui n’est humiliante pour personne. » (Alexandre Walewski).
(Paris, Archives du ministère des Affaires étrangères, collection iconographique, Ee 6.)


Portrait de Napoléon III, d’après Winterhalter.
Paris, ministère des Affaires étrangères.


Album de caricatures par Auguste Louvrier de Lajolais. Neveu et fils d’un ambassadeur de Grande-Bretagne à Paris, Henry Wellesley, 1er comte Cowley, est nommé à son tour à ce poste en 1852. Il y reste quinze années pendant lesquelles l’entente franco-britannique connaît de nombreux aléas. Il représente l’Angleterre au congrès de Paris et au cours des premières années de son séjour parisien, il entretient des relations étroites avec l’Empereur.

Lord Cowley (1804-1884), plénipotentiaire au congrès de Paris et ambassadeur d’Angleterre en France
(Paris, Archives du ministère des Affaires étrangères, Bibliothèque, Rés. C 6. .)


Duc de Wellington

La question d’Orient

Dessin de E.Bich, 1854
Un soldat français désigne Constantinople à un cosaque.
Dessin de E.Bich, lithographie de Godard - Paris, Savalle éditeur, 1854.
(Paris, Archives du ministère des Affaires étrangères, collection iconographique, K116.)

Au milieu du XIXe siècle, l’avenir de l’Europe se joue en Orient. L’affaiblissement du pouvoir ottoman fait alors de la Turquie un champs de rivalités entre Etats européens. De l’intégrité de l’Empire dépend la stabilité du continent.

Montée en puissance au XVIIIe siècle, la Russie cherche à contrôler les détroits des Dardanelles et du Bosphore qui lui donneraient un accès libre à la Méditerranée. A l’issue d’une guerre de six ans, elle arrache à la Porte le traité de Kütchük Kaynardji (1774), première atteinte grave à la souveraineté ottomane au nord de la mer Noire, et en 1783, elle met la main sur la Crimée. Dans la droite ligne de cette politique, le tsar Nicolas Ier (1825-1855) cherche, dans les années 1850 à développer ses avantages en avivant la querelle des Lieux saints entre moines latins et orthodoxes. La futilité de l’enjeu (la garde d’objets conservés dans les églises de Jérusalem) masque l’ambition de la Russie à étendre son emprise sur plus de 10 ou 12 millions de chrétiens orthodoxes de l’Empire ottoman dont elle revendique la protection, voire à faire de Constantinople une métropole russe.

Nicolas 1er
Nicolas 1er, empereur de Russie.
Dessin d’Alcide Lorentz - lithographie de Destouche publiée par Martinet - 1854
(Paris, Archives du ministère des affaires étrangères, collection iconographique, K34.)


Cet expansionnisme heurte les intérêts de la France, protectrice traditionnelle des catholiques en Orient et l’Angleterre, attachée au principe de liberté des détroits. Pour défendre l’intégrité de l’Empire ottoman et sauvegarder ainsi l’équilibre européen, les deux puissances réactivent une première entente cordiale nouée sous la Monarchie de Juillet, et entraînent dans leur sillage l’Autriche puis le Piémont-Sardaigne. La guerre - à laquelle l’Autriche ne participera finalement pas - se prépare, et l’opinion se laisse gagner par un climat violemment russophobe.


Guerre de Crimée, guerre oubliée
Tombeau des soldats français à Sébastopol
Tombeau des soldats français à Sébastopol. Photographie, s.d.


Aujourd’hui, le tombeau, à proximité d’un musée, est identifié par une épitaphe en russe et en français. Le cimetière français a été réhabilité en 2005.
(Paris, Archives du ministère des Affaires étrangères, collection iconographique, Pc.)
Sébastopol, Malakoff, pont de l’Alma, ... ces lieux familiers au promeneur parisien évoquent un conflit effacé aujourd’hui des mémoires. Oubli paradoxal : de cette guerre, on conserve de nombreuses images, dessins et lithographies, mais surtout, pour la première fois, des vues photographiques de champs de bataille. Des témoignages aussi, souvent douloureux, comme ces Récits de Sébastopol rédigés, dans le feu de l’action, par Tolstoï. Car menée dans les tranchées et avec des techniques modernes (communications télégraphiques, utilisation de cuirassés et d’obus explosifs), la guerre de Crimée fit aussi subir aux corps et aux esprits des souffrances préfigurant celles endurées pendant le premier conflit mondial.


Cérémonie pour les morts de Crimée
Cérémonie annuelle pour les morts de Crimée. Constantinople, 1911. Photographie. Don A. Boppe.


Jusqu’à la première guerre mondiale, l’aide apportée par la France lors de la guerre de Crimée donnait lieu à une commémoration officielle à Constantinople en présence de l’ambassadeur ou de ses collaborateurs (ici : Auguste Boppe, conseiller de l’ambassade, saluant le représentant du sultan ; Marcel Cuinet, interprète, Vernoux, autre membre de l’ambassade).
(Paris, Archives du ministère des Affaires étrangères, collection iconographique, H1b Levant 1.)
« La plus redoutable flotte qu’on ait jamais vue depuis des siècles voguera sur les rives de la Crimée pour en vomir, à la barbe des Russes, 60.000 hommes et 130 pièces de canon.... Le sort en est jeté, mes ordres sont donnés, j’enfonce Agamemnon et mon siège ne durera pas aussi longtemps que celui de Troie. J’ai quelques Achille, pas mal d’Ajax et plus encore de Patrocle, tout ira bien .... ».
C’est en héros antique que se rêve le maréchal de Saint Arnaud, ministre de la Guerre, commandant en chef de l’Armée d’Orient, dans une lettre écrite à son frère, peu avant de quitter le port de Varna (septembre 1854). Napoléon III et son alliée Victoria ont déclaré la guerre à Nicolas Ier le 27 mars précédent, volant au secours de la Turquie, en guerre ouverte depuis l’invasion des principautés roumaines et la destruction de sa flotte à Sinope (30 novembre 1853). La Crimée est le bastion le plus avancé de la puissance russe en mer Noire, Sébastopol un arsenal maritime fortifié et une place stratégique essentielle.


Conseil de guerre
Le conseil de guerre. Lithographie de Marie-Alexandre Alophe. Paris, janvier 1856. 

La guerre de Crimée a offert à la propagande impériale l’occasion de glorifier un Napoléon III chef de guerre, digne héritier de Napoléon Ier. L’empereur, qui avait envisagé un temps de partir en Crimée, apparaît ici comme le commandant en chef des dernières opérations, entouré des états-majors français et alliés. La représentation de ce conseil de guerre emprunte beaucoup à la composition classique du congrès de paix, accréditant l’image d’un Empereur apôtre de la paix.
(Paris, Archives du ministère des Affaires étrangères, collection iconographique.)
L’opinion suit dans la presse populaire les exploits des zouaves et des turcos, le lecteur de l’Illustration découvre, sous le crayon de Moraine, les détails de l’épopée. Mais le choléra emporte Saint Arnaud dès le 29 septembre 1854 et les alliés ne viendront à bout de Sébastopol qu’après une année de combats très meurtriers et la prise du fort de Malakoff par Mac Mahon.
Au matin du 9 septembre 1855, alors que des navires flambent dans la baie, un nuage de poussière jaune recouvre la ville détruite. La France, qui a supporté la majeure partie du coût de la guerre et en a recueilli un surcroît de prestige, sera bientôt choisie comme cadre du congrès de la Paix


Soirée diplomatique.
Album de caricatures par Auguste Louvrier de Lajolais.
(Paris, Archives du ministère des Affaires étrangères, Bibliothèque, Rés. C 6.)




L’Europe à Paris : le congrès de la Paix

Le congrès de Paris, 1856
Le Congrès de Paris, 1856. Edouard DUBUFE. Huile sur toile.
(Musée national du château de Versailles)


Dans une composition très maîtrisée, l’auteur, portraitiste alors en vogue, rend sensibles les alliances et rôles respectifs des diverses puissances réunies pour signer la paix. Au premier plan, les protagonistes essentiels du conflit : le comte Orloff, pour la Russie, qui se détourne encore, face à Walewski et à Lord Clarendon, qui semblent inviter du regard leur allié ottoman à la table des négociations. Cavour, l’artisan de l’unité italienne, regarde la scène en simple spectateur, debout près de Lord Cowley qui s’interpose comme pour le protéger de l’Autriche représentée par Buol.
25 février 1856, 12 heures. Les plénipotentiaires se fraient un chemin à travers la foule massée sur leur passage depuis le pont de la Concorde, jusqu’au palais d’Orsay où ils gagnent le salon dit des Ambassadeurs ou salon d’attente des ministres étrangers.
En simple « négligé du matin » et sans trop de protocole, ils prennent place à la table des négociations, sous les regards de Napoléon III et de l’impératrice dont les portraits décorent les murs de satin cramoisi. Ministres et ambassadeurs délégués par l’Autriche, la Grande Bretagne, le Piémont-Sardaigne, la Russie et la Turquie (la Prusse ne rejoindra la conférence qu’ultérieurement) entourent Alexandre Colonna Walewski, fils naturel de Napoléon Ier et de Marie Walewska, ministre des Affaires étrangères depuis mai 1855, qui préside les débats, assisté du baron de Bourqueney, ambassadeur à Vienne. Benedetti, directeur des Affaires politiques, fait office de secrétaire, consignant les décisions prises en séances dans des protocoles signés, reproduits par décalque sur place pour éviter toute divulgation du secret des discussions.


Quay d’Orsay, J.Lacornée, 1844

Les plénipotentiaires au congrès de Paris, 1856. Photographie Mayer Pierson, Paris.
De gauche à droite : comte Cavour, marquis de Villamarina, comte de Hatzfeldt, Benedetti, Mohammed Djemil Pacha, baron de Brunnow, baron de Manteuffel, comte de Buol, baron de Hübner, Aali Pacha, comte de Clarendon, comte Walewski, comte Orloff, baron de Bourqueney, lord Cowley. Photographes attitrés de la famille impériale, Pierson (1822-1913) et Mayer (1822-1895) ont réalisé plusieurs portraits de l’Empereur. Entre 1855 et 1862, leur luxueux atelier du 5 Bd des Capucines était très en vogue.

Cette photographie de groupe est sans doute une commande officielle, tirée sur papier salé légèrement retouché à l’aquarelle.

(Paris, Archives du Ministère des Affaires étrangères, collection iconographique, A003149.)
Le soir de la première séance, place à la fête : le salon des Ambassadeurs est investi par la fine fleur du monde de la politique, des arts et lettres et du spectacle. On examine avec curiosité crayons et papiers abandonnés sur la table, avant de passer au salon des concerts - actuel salon de l’Horloge - écouter des airs d’opéra.
Conforté par l’annonce, le 16 mars, de la naissance du Prince impérial, d’heureux augure pour la dynastie, le congrès poursuit ses travaux jusqu’à la signature du traité de paix, le 30 mars 1856 et à la déclaration finale du 16 avril sur le droit maritime.

Napoléon III et l’esquisse d’une nouvelle Europe
La paix est signée le 30 mars 1856. « C’est une grande et heureuse affaire accomplie, l’Europe va entrer dans une ère nouvelle » (comte de Viel-Castel) et la France, après quarante ans d’effacement, retrouve sa place en Europe. Le soir même, sur les boulevards illuminés et pavoisés, toute la population parisienne s’écrie dans un même souffle : Vive l’Empereur et vive la paix !

Traité de paix. Paris, 30 mars 1856. Original en français.- Cahier papier de 40 pages.- 14 cachets de cire rouge sur ruban.

Le traité proclame l’intégrité de l’Empire ottoman, admis désormais à participer aux avantages du droit public et du concert européen, et met en place des dispositions relatives à la neutralisation de la mer Noire et au statut des détroits du Bosphore et des Dardanelles. Constantinople semble désormais à l’abri et le lac russe devient une mer commerciale dédiée à des activités pacifiques. Cependant, en plaçant sous la garantie collective des puissances l’autonomie de la Moldavie, de la Valachie, qui formeront par la suite la Roumanie, et de la Serbie, encore vassales de la Porte, le traité porte en germe leur indépendance, acquise plus tard, au congrès de Berlin (1878).

Paris, Archives du ministère des Affaires étrangères, Traités, Multilatéraux, 18560010.








 Traité de Paix de Paris

Le traité proclame l’intégrité de l’Empire ottoman, admis désormais à participer aux avantages du droit public et du concert européen, et met en place des dispositions relatives à la neutralisation de la Mer Noire et au statut des détroits du Bosphore et des Dardanelles. Constantinople semble désormais à l’abri et le lac russe devient une mer commerciale dédiée à des activités pacifiques.

Grenadiers de la garde


Au lendemain de la bataille de Solferino. Bivouac des grenadiers de la garde. 26 juin 1859.
Journal de campagne de Charles Robert.
(Paris, Archives du ministère des Affaires étrangères, Mémoires et Documents Italie 46bis.)
Cependant, en plaçant sous la garantie collective des puissances l’autonomie de la Moldavie, de la Valachie, qui formeront par la suite la Roumanie, et de la Serbie, encore vassales de la Porte, le traité porte en germe leur indépendance, acquise plus tard, au congrès de Berlin (1878).
Non contents d’avoir ramené la paix, les diplomates ont aussi abordé la situation générale de l’Europe occidentale. Lors de la séance du 8 avril 1856, , Walewski donne la parole à l’artisan de l’unité italienne, le ministre Cavour, qui dénonce l’occupation autrichienne dans la péninsule. Ainsi se trouve admis, pour la première fois sur la scène internationale, le principe du respect des nationalités, cher à Napoléon III.


Le duc de Morny (1811-1865). Lithographie d’Audibran, s.d.

Une fois la paix signée, Napoléon III choisit, pour représenter la France à Saint-Pétersbourg, son demi-frère, le comte de Morny, président du Corps législatif et grand personnage de la vie mondaine et des affaires. Russophile convaincu, il apparaît comme le plus capable de mettre en œuvre le grand projet d’alliance franco-russe.
(Paris, Archives du ministère des Affaires étrangères, collection iconographique, C 89.)
En la matière, l’Empereur a innové, dépassant largement les idées suggérées par son oncle dans le Mémorial de Saint Hélène. Loin d’un ethnicisme débridé (G-H. Soutou), il prône l’indépendance de grandes nationalités définies par une géographie, une histoire et des intérêts communs, premier pas vers la réalisation d’une Europe confédérale pacifiée et démocratique. C’est bien l’abolition de l’ordre mis en place au congrès de Vienne (1815) sur les décombres du 1er Empire que Napoléon III appelle de ses voeux, mais dans le cadre traditionnel du concert européen, cette concertation permanente entre puissances instaurée en 1815.


Dorobantz et paysannes valaques
Voyage dans la russie méridionale et la Crimée, par la Hongrie, La Valachie et la Moldavie.
Un dorobantz (gendarme) et des paysannes valaques - Paris éd. Ernest Bourdin, 1854.
(Archives du ministère des Affaires étrangères, bibliothèque, 241 F3.)

Les divisions de l’opinion, les pressions de son entourage vont cependant l’empêcher de maintenir le cap de sa politique. Successivement, il perd la confiance de ceux qu’il avait soutenus (Italie, Prusse), sans arriver à rallier ceux qu’il avait mécontentés (Autriche) et s’aliène de nouveau la Russie par la faveur qu’il accorde au soulèvement polonais. En 1867, l’image d’Epinal célèbre à nouveau Napoléon III accueillant en grande pompe les souverains étrangers comme Victoria en 1855. Apothéose en trompe l’œil, propagande trompeuse : de plus en plus isolée diplomatiquement, la France voit alors se profiler la menace d’un nouveau conflit.

L’album de Charles Robert.

La France déclare la guerre à l’Autriche le 3 mai 1859. Napoléon III quitte Saint-Cloud le 10 mai et arrive à Gênes le 12. Charles Robert, maître des requêtes au conseil d’Etat, l’accompagne. Chargé de la correspondance diplomatique de Napoléon III, il suit le conflit au jour le jour. Et quand il en a le temps, il dessine. Il croque sur le vif Napoléon III discutant avec ses soldats et met en scène, souvent de façon facétieuse, les officiers ou les hommes de troupe dans leurs activités quotidiennes. Il se montre aussi, entouré de pages griffonnées, aux côtés de Napoléon III et du comte Walewski. A son retour, il reconstitue le conflit dans un album de 187 planches de dessins, extraits de presse, lithographies et documents divers.

(Paris, Archives du ministère des Affaires étrangères, Mémoires et Documents Italie 46bis.)

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