Présentation des domaines nationaux de Sainte-Hélène

Présentation des domaines nationaux de Sainte-Hélène

vendredi 17 juin 2016

éditorial de la Fondation Napoléon

Cette semaine, j'ai été invité par la Fondation Napoléon à rédiger l'éditorial de la lettre d'information

 806, 10- 16 juin 2016
Édito
Sainte-Hélène : retour à l’isolement ?
2016,  seconde année du bicentenaire de Napoléon à Sainte-Hélène, devait coïncider avec la fin de deux projets ambitieux : celui de la remise dans l’état 1821 des appartements utilisés par l’entourage de Napoléon à Longwood et celui de l’ouverture d’un aéroport international.
Le premier, conjointement organisé par le Ministère des Affaires étrangères et du Développement international et la Fondation Napoléon, est un incontestable succès dont nous pouvons tous être fiers. Il est le fruit d’un travail collectif.
Pour le mener à bien, l’Etat dégagea un crédit de 700 000 euros et la Fondation s’engagea d’abonder cette somme de 700 000 euros supplémentaires. Avec le soutien du Souvenir napoléonien et de la Fondation du Patrimoine, elle lança une souscription publique internationale qui permit de réunir 1,4 million d’euros auprès d’environ 2 000 donateurs. Le reliquat de la souscription a été dirigé vers des travaux de restauration tout aussi vitaux et urgents dans les appartements de Napoléon et de son mobilier. L’ensemble des travaux effectués est actuellement présenté au public dans la grande exposition « Napoléon à Sainte-Hélène, la conquête de la mémoire » au Musée de l’Armée jusqu’à fin juillet.
Le second, entièrement financé par le ministère du Développement international britannique, est une réussite plus mitigée. Il est certes achevé et certifié, mais s’avère être difficilement exploitable commercialement en raison de son niveau de dangerosité pour les avions de type Boeing 737 pour lesquels la piste avait pourtant été conçue. La raison invoquée est le cisaillement du vent que les experts n’avaient pas prévu ; ce même vent que, déjà le 21 janvier 1816, le comte de Las cases dans son Mémorial avait remarqué qu’il soufflait la plupart du temps au degré de tempête. Voici bien la démonstration que l’histoire n’est pas seulement le passé. Les ingénieurs et experts des années 2000 auraient peut-être dû lire le Mémorial avant de déposer leurs conclusions… qui se sont avérées trop optimistes. Ce fâcheux contretemps a obligé les autorités locales à remettre en service le RMS St. Helena qui relie Sainte-Hélène avec le reste du monde ; le même RMS St. Helena qui vient de célébrer, à Londres, sur la Tamise, ses vingt-six années de loyaux services et ses adieux… à Sainte-Hélène.  Dès la fin de ces faux adieux, il a repris la mer en direction de l’Atlantique sud.

Michel Dancoisne-Martineau
Directeur des Domaines nationaux de Sainte-Hélène



Editorial

St Helena: back to square one?

2016 - the second bicentenary year of Napoleon on St Helena - was supposed to coincide with the completion of two ambitious projects: the refurbishment (to their 1821 state) of the rooms in Longwood House used by Napoleon’s entourage, and the opening of the international airport.
 The first, organised jointly by the French Ministry of Foreign Affairs and International Development and the Fondation Napoléon, has been an out-and-out success and is a project of which we can rightly be quite proud.

It was a truly collaborative effort. The French state contributed €700,000, the Fondation Napoléon promised to match this, giving a further €700,000. Supported by the Souvenir Napoléonien and the French Fondation du Patrimoine, the Fondation Napoléon launched an international appeal which raised €1.4 million from about 2,000 donors. Once the restoration of the Generals’ apartments had been paid for, the remaining money was used for urgent restoration to Napoleon’s own apartments and the furniture there. The results of all this work is currently being presented to the visiting public in the major exhibition entitled “Napoleon on St Helena, his fight for his story” at the Musée de l’Armée in Paris until the end of July.

The second project, entirely financed by the DfID - the British Government Department for International Development - has been less of an unmitigated success. The airport has been built and certified, but it remains very difficult to use for aeroplanes of the Boeing-737 type (aircraft for which the runway was designed) given the dangerous levels of wind shear, not foreseen by the landing strip designers. Indeed, it was perhaps to this sort of wind that the Comte de Las Cases was referring in his Memorial on 21 January, 1816, which gusted “most of the time at storm force”. The proof, if it were necessary, that history isn’t only about the past! The 21-century engineers should perhaps have read the Memorial before handing in their conclusions, which we now see were a little too optimistic.

The end result of all this is that the RMS St Helena (the boat which in the past linked St Helena to the rest of the world) has had to be put back into service. A fact which rendered the triumphal voyage towards retirement which RMS St Helena has just made to London and up the Thames to celebrate 26 years of loyal service somewhat ironic. Even as we speak, the boat is sailing back to the South Atlantic to the job she thought she had left!


Michel Dancoisne-MartineauDirector of the French Domains of St Helena

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