Présentation des domaines nationaux de Sainte-Hélène

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vendredi 9 décembre 2016

résumé des folles histoires des masques mortuaires de Napoléon

Bravo à Chantal Prévot pour avoir objectivement et brillamment traité le sujet "des" masques mortuaires de Napoléon.

Treize à la douzaine
Un, deux, trois, dix, douze… masques mortuaires de Napoléon, et plus encore, chacun étant bien sûr présentés ou revendiqués comme authentiques, voire comme l'editio princeps, la pièce originale dont la trace est perdue dès septembre 1821. De nombreux passionnés se sont lancés dans la quête de la précieuse relique, quête qui n'est pas sans rappeler celle du Saint-Graal, tant ce masque est chargé émotionnellement et empreint d'une aura presque sacrée.
C'est ainsi que depuis le milieu du XIXe siècle surgissent des exemplaires aux traits divers, aux histoires tout aussi variées et aux supports disparates (plâtre, cire, papier mâché).
À rassembler et à lire la littérature sur le sujet, la première impression est d'être en présence "d'une affaire" complexe aux mille ramifications. Mais un retour aux sources disponibles (récits et lettres des témoins français et britanniques) permet d'établir une certitude qui peut être énoncée ainsi : un masque, en plâtre de mauvaise qualité (le plâtre fin faisait défaut à ce moment-là sur l'île), a été façonné de manière traditionnelle en creux perdu puis en bon creux par les docteurs Burton et Antommarchi, puis la partie centrale a été subtilisée et emportée dans les bagages de ce dernier vers l'Europe, à destination de Madame Mère. Une copie a été réalisée pour les Bertrand. Les faits connus s'arrêtent là. Après, ce ne sont que suppositions, conjectures, et parfois fantaisies. La brièveté des éléments rapportés par les témoins et le fait que l'original n'ait jamais été présenté publiquement ont laissé le champ libre aux interprétations et aux faussaires. Ainsi, le masque (dont seule la surface est en cire) existe… en quatre exemplaires (recensés à ce jour), et les indices convergent vers un certain capitaine bavarois qui en fit commerce dans les années 1850 depuis Londres. Le masque en papier mâché est un conte fantastique. En l'état actuel de nos connaissances, un seul masque dispose d’une traçabilité clairement établie, le masque Bertrand, conservé au musée national des châteaux de Malmaison et Bois-Préau.

Chantal Prévot
Responsable des bibliothèques


Thirteen to the Dozen

How many Napoleon death masks are there? One, two, three, ten, twelve ..., and still counting. Each one is, of course, presented as authentic, even as the editio princeps, the original imprint, despite the fact that all trace of it was lost as early as September 1821. Many enthusiasts have embarked on the quest for the precious relic. 

Indeed, Napoleon’s death mask is so emotionally charged and endowed with an almost sacred aura that this quest sometimes seems to resemble that of the Holy Grail.

Not surprisingly then, ever since the middle of the 19th century, various “specimens” have emerged from obscurity bearing quite a variety of physical features, accompanied by equally extraordinary stories as varied and disparate as the materials they are made of (plaster, wax, papier maché).

Faced with the diverse writings on the subject, the first impression is one of a complex "affair" with a thousand ramifications. However, on closer examination of the available original sources (contemporary accounts and letters by the French and British witnesses) it becomes possible to establish one thing for certain, namely: a death mask, made of poor quality plaster (there was no fine plaster available at that time on the remote island of St Helena), was fashioned by the Doctors Burton and Antommarchi in the traditional way - that is, by first making a negative (hollow) cast and then a positive - the central part of which was then stolen and taken by Dr Antommarchi to Europe, destined for Madame Mère. We know also that a copy was made for the Bertrands. 

The known facts stop there. Afterwards, they are only suppositions, conjectures, and sometimes complete inventions. The poverty of the evidence reported by the witnesses and the fact that the original cast was never shown in public has left the way open to interpretations and counterfeiters. For example, there is a mask of which (to date) four copies are known to exist (of which only the surface is made of wax and not the whole mask as is sometimes claimed) and whose origin would appear to be a certain Bavarian captain who made a certain trade of it in the 1850s in London. There is even a papier maché mask which is a pure fairy tale.

So, based on our knowledge as of today, only one death mask can be clearly traced back to Napoleon and that is the Bertrand mask, held at the Musée National des Châteaux de Malmaison et Bois-Préau.


Chantal Prevot
Librarian at the Fondation Napoléon

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