Présentation des domaines nationaux de Sainte-Hélène

Présentation des domaines nationaux de Sainte-Hélène

vendredi 24 juin 2016

Sainte-Hélène, l’écueil d’un empire - Premier volume.

Voilà,... nous y sommes. Le premier volume d'une série bilingue (anglais-français) en 12 volumes illustrés intitulée Napoléon à Sainte-Hélène, l’écueil d’un empire est prêt pour fabrication. Encore une dernière relecture d'épreuves... et c'est parti...


Avec le soutien de quelques amis, de la Fondation Napoléon et du Gouvernement de Sainte-Hélène, j’ai l’intention de rédiger, éditer, et diffuser ces douze volumes qui, une fois finis, constitueront un fond de documentation qui manque cruellement à la conservation actuelle de domaines nationaux.


Les 12 volumes illustrés couvriront ainsi les sujets suivants :
Volume 1 : NAPOLÉON ET SAINTE-HÉLÈNE (1800 - 15 OCTOBRE 1815) [projet pour 2016]
Volume 2 : SAINTE-HÉLÈNE, UNE ÎLE SOUS SÉQUESTRE [15 AU 17 OCTOBRE 1815] [projet pour 2017]
Volume 3 : THE BRIARS, NAPOLÉON CHEZ LES BALCOMBE (18 OCTOBRE – 10 DÉCEMBRE 1815) [projet pour 2018]
Volume 4 : L’EXIL À LONGWOOD SOUS LA GARDE DE SIR GEORGE COCKBURN (11 décembre 1815 – 14 avril 1816) [projet pour 2018]
Volume 5 : L’EXIL À LONGWOOD SOUS LA GARDE DE SIR HUDSON LOWE (15 avril 1816 – au 21 novembre 1818) [projet pour 2019]
Volume 6 : L’EXIL À LONGWOOD SOUS LA GARDE DE SIR HUDSON LOWE (22 novembre 1818 – 5 mai 1821) [projet pour 2019]
Volume 7 : LA TOMBE DE NAPOLÉON À SAINTE-HÉLÈNE [projet pour 2021]
Volume 8 : AUX MARGES DE L’EXIL : Ascension, Tristan Da Cunha, Longwood New House [projet pour 2020]
Volume 9 : PRINCIPAUX PERSONNAGES ATTACHÉS À L’EXIL DE NAPOLÉON À SAINTE-HÉLÈNE [projet pour 2021]
Volume 10 : LES MYSTÈRES ET SECRETS DE SAINTE-HÉLÈNE, entre Le Cap et le Brésil [projet pour 2022]
Volume 11 : SIR HUDSON LOWE, LE BRÛLÉ DE SAINTE-HÉLÈNE [projet pour 2020]
Volume 12 : GUIDE DE LONGWOOD HOUSE [projet pour 2017]

vendredi 17 juin 2016

l'ATHÉNIENNE DE NAPOLÉON IER

 l'ATHÉNIENNE DE NAPOLÉON IER. Cet objet de luxe produit par Biennais est sans doute l'un des plus fins et des plus beaux qui soient restés auprès de Napoléon, parmi tous ceux qui l'entouraient à Sainte-Hélène. Par ailleurs, objet de l'intime et de l'hygiène, l'athénienne rappelle le soin constant que Napoléon portait à ses rituels d'ablution.

éditorial de la Fondation Napoléon

Cette semaine, j'ai été invité par la Fondation Napoléon à rédiger l'éditorial de la lettre d'information

 806, 10- 16 juin 2016
Édito
Sainte-Hélène : retour à l’isolement ?
2016,  seconde année du bicentenaire de Napoléon à Sainte-Hélène, devait coïncider avec la fin de deux projets ambitieux : celui de la remise dans l’état 1821 des appartements utilisés par l’entourage de Napoléon à Longwood et celui de l’ouverture d’un aéroport international.
Le premier, conjointement organisé par le Ministère des Affaires étrangères et du Développement international et la Fondation Napoléon, est un incontestable succès dont nous pouvons tous être fiers. Il est le fruit d’un travail collectif.
Pour le mener à bien, l’Etat dégagea un crédit de 700 000 euros et la Fondation s’engagea d’abonder cette somme de 700 000 euros supplémentaires. Avec le soutien du Souvenir napoléonien et de la Fondation du Patrimoine, elle lança une souscription publique internationale qui permit de réunir 1,4 million d’euros auprès d’environ 2 000 donateurs. Le reliquat de la souscription a été dirigé vers des travaux de restauration tout aussi vitaux et urgents dans les appartements de Napoléon et de son mobilier. L’ensemble des travaux effectués est actuellement présenté au public dans la grande exposition « Napoléon à Sainte-Hélène, la conquête de la mémoire » au Musée de l’Armée jusqu’à fin juillet.
Le second, entièrement financé par le ministère du Développement international britannique, est une réussite plus mitigée. Il est certes achevé et certifié, mais s’avère être difficilement exploitable commercialement en raison de son niveau de dangerosité pour les avions de type Boeing 737 pour lesquels la piste avait pourtant été conçue. La raison invoquée est le cisaillement du vent que les experts n’avaient pas prévu ; ce même vent que, déjà le 21 janvier 1816, le comte de Las cases dans son Mémorial avait remarqué qu’il soufflait la plupart du temps au degré de tempête. Voici bien la démonstration que l’histoire n’est pas seulement le passé. Les ingénieurs et experts des années 2000 auraient peut-être dû lire le Mémorial avant de déposer leurs conclusions… qui se sont avérées trop optimistes. Ce fâcheux contretemps a obligé les autorités locales à remettre en service le RMS St. Helena qui relie Sainte-Hélène avec le reste du monde ; le même RMS St. Helena qui vient de célébrer, à Londres, sur la Tamise, ses vingt-six années de loyaux services et ses adieux… à Sainte-Hélène.  Dès la fin de ces faux adieux, il a repris la mer en direction de l’Atlantique sud.

Michel Dancoisne-Martineau
Directeur des Domaines nationaux de Sainte-Hélène



Editorial

St Helena: back to square one?

2016 - the second bicentenary year of Napoleon on St Helena - was supposed to coincide with the completion of two ambitious projects: the refurbishment (to their 1821 state) of the rooms in Longwood House used by Napoleon’s entourage, and the opening of the international airport.
 The first, organised jointly by the French Ministry of Foreign Affairs and International Development and the Fondation Napoléon, has been an out-and-out success and is a project of which we can rightly be quite proud.

It was a truly collaborative effort. The French state contributed €700,000, the Fondation Napoléon promised to match this, giving a further €700,000. Supported by the Souvenir Napoléonien and the French Fondation du Patrimoine, the Fondation Napoléon launched an international appeal which raised €1.4 million from about 2,000 donors. Once the restoration of the Generals’ apartments had been paid for, the remaining money was used for urgent restoration to Napoleon’s own apartments and the furniture there. The results of all this work is currently being presented to the visiting public in the major exhibition entitled “Napoleon on St Helena, his fight for his story” at the Musée de l’Armée in Paris until the end of July.

The second project, entirely financed by the DfID - the British Government Department for International Development - has been less of an unmitigated success. The airport has been built and certified, but it remains very difficult to use for aeroplanes of the Boeing-737 type (aircraft for which the runway was designed) given the dangerous levels of wind shear, not foreseen by the landing strip designers. Indeed, it was perhaps to this sort of wind that the Comte de Las Cases was referring in his Memorial on 21 January, 1816, which gusted “most of the time at storm force”. The proof, if it were necessary, that history isn’t only about the past! The 21-century engineers should perhaps have read the Memorial before handing in their conclusions, which we now see were a little too optimistic.

The end result of all this is that the RMS St Helena (the boat which in the past linked St Helena to the rest of the world) has had to be put back into service. A fact which rendered the triumphal voyage towards retirement which RMS St Helena has just made to London and up the Thames to celebrate 26 years of loyal service somewhat ironic. Even as we speak, the boat is sailing back to the South Atlantic to the job she thought she had left!


Michel Dancoisne-MartineauDirector of the French Domains of St Helena

mardi 14 juin 2016

Hommage....

Hommage aux deux policiers, aux américains victimes de l'horreur du fanatisme... Même à Sainte-Hélène, loin de la folie du monde, on pleure.







jeudi 9 juin 2016

Journal de Gourgaud


Je regrette de ne pas pouvoir être à Paris... je n'ai jamais vu ce manuscrit du journal de Gaspard Gourgaud prêté par les Archives nationales dans le cadre de l’exposition "Napoléon à Sainte-Hélène. La conquête de la mémoire" présentée au musée de l'Armée jusqu'au 24 juillet 2016..

Dans le cadre de l’exposition "Napoléon à Sainte-Hélène. La conquête de la mémoire" présentée au Musée de l'Armée, les Archives nationales vous proposent de découvrir un document prêté dans l’exposition.
Il s’agit du journal de Gaspard Gourgaud (1783-1852), 1er janvier-2 février 1818.
Brillant artilleur, Gourgaud devint en 1811 officier d'ordonnance de Napoléon Ier. En 1814, il rallia Louis XVIII, mais reprit du service, des Cent-Jours jusqu'à Sainte-Hélène. Confiné sur l'île comme le reste de la petite colonie française, il vouait une admiration infinie à l'Empereur, parfois jusqu'à la jalousie. Napoléon n'accepta pas qu'il ait provoqué Montholon en duel et l'invita à partir, ce qu'il fit en février 1818. Il se racheta plus tard, intercédant auprès des souverains de l'Europe pour tenter de faire libérer l'Empereur. Son journal de Sainte-Hélène, publié pour la première fois en 1899, propose, sous la forme de note détaillées très personnelles, un portrait de l'homme plus que de l'Empereur.
Archives nationales, 314AP/30, dossier 1G.
© Archives nationales, France

mercredi 8 juin 2016

L’AVENIR DES STATUES

L’AVENIR DES STATUES

Artiste(s) : MAGRITTE René

L'avenir des statues, René Magritte (1898-1967)

Cette œuvre est présentée dans l’exposition « Napoléon à Sainte-Hélène, la conquête de la mémoire » au musée de l’Armée (6 avril-24 juillet 2016).
C’est entre 1933 et 1937 que Magritte réalise quatre versions de L’Avenir des statues, prenant pour base une édition commerciale en plâtre du masque mortuaire de Napoléon, sur laquelle il peint un ciel d’un bleu intense parsemé de nuages ensoleillés. Seuls le poli du plâtre et la densité des nuages permettent de les distinguer et, selon David Sylvester, de les dater. Le titre de l’œuvre, dû au poète et philosophe Paul Nougé, non à l’artiste lui-même, ne peut nous éclairer sur ses intentions.
Néanmoins, le fait que l’œuvre soit un masque mortuaire de Napoléon en plâtre, peint « comme un ready-made », pose, en relation avec ce titre, la question de sa qualité de sculpture. De fait, il existe plusieurs versions de ce masque et aucune ne peut être considérée comme une empreinte brute de la nature, les traits du défunt ayant été, après coup, idéalisés en vue de la reproduction en série et de la diffusion du modèle. Ce sont ces corrections apportées au modelé qui confèrent au masque utilisé par l’artiste la qualité de sculpture.
Magritte, en revanche, dans la mesure où il n’a pas lui-même reproduit le plâtre dans son atelier, a bien « peint un ready-made ». Sa contribution se limite à la peinture et le titre imaginé par Nougé renvoie à la tradition italienne du Paragone, ce qui implique que la peinture, due à la main de l’artiste, l’emportera à terme sur la sculpture qui est ici représentée par une production industrielle de série.
En outre, le motif peint par Magritte sur le masque peut évoquer l’expression « avoir la tête dans les nuages » et être interprété, en relation avec le titre L’Avenir des statues, comme l’expression de la haute estime que Napoléon avait de lui-même, voire de sa présomption. Le masque mortuaire offre en effet un portrait du souverain au plus bas de sa carrière : déchu après sa défaite de Waterloo, banni et même déjà mort. Ce qui est nouveau ici, c’est tout particulièrement la mise en scène de la nature mortelle du souverain, à l’opposé de la tradition monumentale qui le glorifie le plus souvent. Luigi Calamatta livre un exemple de cette pratique dans une gravure de 1834 qui met en scène le même masque en l’associant aux attributs de l’empereur vainqueur et en suggérant sa gloire éternelle. Magritte, au contraire, recouvre et estompe les traits de Napoléon par des nuages qui suggèrent le caractère fugitif de sa gloire et, plus encore, démasquent la nature véritable des effigies de souverains : ces dernières n’existent que par les images qui y sont projetées. Le peintre exprime cette idée de façon similaire dès 1927 dans son tableau La Forêt où le visage de Napoléon apparaît sous la forme d’un buste. Au lieu de se conformer à l’image traditionnelle du souverain coiffé d’une couronne de lauriers, il le couvre ici d’un voile de feuillages ordinaires qui le prive sa signification symbolique. Magritte s’est d’ailleurs exprimé en ce sens sur la force expressive des symboles : « Les symboles […] devraient livrer une image de la réalité, mais en fait ils n’en disent rien. Si l’on regarde quelque chose dans l’intention d’en découvrir le sens, on finit par ne plus voir l’objet lui-même mais par penser seulement à la question qu’on s’est posée en le regardant. »
Cette question est, dans le cas qui nous intéresse : Quel est L’Avenir des statues ? et, s’agissant de l’œuvre de Magritte, l’auteur de son titre, Paul Nougé, répond en 1933 : « Il arrive, grâce à Magritte, que le plâtre de Napoléon, […] forêt entr’ouverte, bloc de ciel traversé de nuages et de songes, transfigure d’une manière tout imprévue le visage même de la mort. »
Marion Bornscheuer
curatrice au Lehmbruck Museum
avril 2016