Présentation des domaines nationaux de Sainte-Hélène

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mercredi 31 mai 2017

Il y a deux cents ans... une armée sur pied, pour intimider la canaille

Napoléon à son docteur, Barry O'Meara





Texte original recopié pour les archives du Gouverneur
31st May 1816.

We observed that we considered it necessary not to yield too much to the People, nor as if it had been done by fear, that a parliamentary reform we thought one of the most dangerous thing would be consented to – once grant that, We said and God knows how far things may go on perhaps to a revolution.  Perhaps it was necessary that the Habeas Corpus Suspicion Act[1] might be required at a time and also that an army should be kept up for some time in order to indermediate the  canailles but He considered that Suspension as only a topical remedy and one which if used without General remedies which would act upon the constitutional disease might prove repellent  and dangerous by driving the complaint upon noble parts that the only radical remedy would be one which would offer the constitution that is to say relieve the misery that existed – this could only be done by getting a part for our manufacturers and by those who hold the sinecures giving them up.
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Cette page a été utilisée dans « the Voice… » d’O’Meara et traduite en 1822[2] :
[3][J'ai donné à Napoléon la traduction d'une lettre qui a paru dans le Courrier, qu'il m'avait demandée; et, après l'avoir lue, il prétend qu'elle a été écrite par le gouverneur lui-même, et que l'apparente incorrection d'une partie n'est qu'un moyen d'en cacher le véritable auteur.]


Il parla alors longtemps de la situation de l'Angleterre, observant qu'il ne faut pas trop céder à la volonté du peuple, ni lui laisser croire que les concessions qu'on lui fait sont amenées par la crainte; que, peut-être, la suspension de l’habeas corpus serait pour quelque temps une mesure convenable, à l'aide d'une armée sur pied, pour intimider la canaille. «Mais, a-t-il dit, je ne considère cela que comme des topiques qui, si on ne les emploie avec des remèdes généraux, agissent sur la maladie constitutionnelle d'une manière contraire, et  deviennent répercutifs et dangereux, en portant le mal vers les parties nobles. L'Angleterre peut être comparée à un malade dont l'état exige que le cours de la maladie soit détourné par l'usage du mercure. Le seul remède efficace est celui qui attaquera le mal en sa racine ; c'est-à-dire qui fera cesse la misère qui existe. On ne parviendra à cela qu'en procurant un débouché à vos manufactures et en réduisant les dépenses. Dans ce cas, les ministres devront donner eux-mêmes l'exemple du désintéressement, en renonçant aux sinécures, etc.




[1] L’ordonnance ou mandat d’habeas corpus (en anglais writ of habeas corpus), plus exactement habeas corpus ad subjiciendum et recipiendum, énonce une liberté fondamentale, celle de ne pas être emprisonné sans jugement (contraire de l'arbitraire qui permet d'arrêter n'importe qui sans raison valable). En vertu de ce principe, toute personne arrêtée a le droit de savoir pourquoi elle est arrêtée et de quoi elle est accusée. Ensuite, elle peut être libérée sous caution, puis amenée dans les jours qui suivent devant un juge.
Ses origines remontent à la Rome antique avec la provocatio, qui en est le précurseur, et son principe moderne naît dans l’Angleterre du Moyen Âge. Depuis, elle a été renforcée et précisée de façon à apporter des garanties réelles et efficaces contre la détention arbitraire par l’Habeas Corpus Act (« la loi d’Habeas Corpus ») de 1679. Devenue un des piliers des libertés publiques anglaises, elle s’applique dans les colonies et reste au xxie siècle présente dans la plupart des pays qui appliquent la common law. Aux États-Unis, elle a valeur constitutionnelle, ne pouvant être suspendue qu’en temps de guerre. En revanche, au Royaume-Uni, elle est restée strictement anglaise, ne s’appliquant ni en Écosse, ni en Irlande du Nord.
[2]  Barry E. O'Meara, Napoléon en exil ou l'écho de Sainte-Hélène, ouvrage contenant les opinions et les réflexions de Napoléon sur les événemens les plus importants de sa vie recueillies par son dernier chirurgien, Imprimerie de Constant-Chantpie, 1822


[3] Texte qui n’apparait pas dans le rapport adressé à Lowe

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