Présentation des domaines nationaux de Sainte-Hélène

Présentation des domaines nationaux de Sainte-Hélène

lundi 26 juin 2017

Sainte-Hélène entre en Résistance

extrait du site http://www.france-libre.net/saint-helene/ par By Sylvain CORNIL


Le Domaine français de Sainte-Hélène

Un souffle de Sainte-Hélène – outré par capitulation sans conditions – Suis à votre disposition – Conservateur au Domaine français de Sainte-Hélène.
COLIN

Télégramme de Georges Colin adressé au général de Gaulle, le 23 juin 1940 (RFL).

C’est dans ces termes que, le 23 juin 1940, M. Georges Colin télégraphiait à Londres au général de Gaulle.
En 1942, sur sa proposition du 14 mai, le Comité national l’administration des Domaines – les frais et l’entretien du domaine français de Sainte-Hélène, ce qui donna lieu aux échanges de communications rappelées ci-dessous :


N° 257 The Castle
Sainte-Hélène 12 septembre 1942

 Monsieur,

Je suis chargé par le Gouverneur de vous communiquer ci-dessous les extraits d’un télégramme reçu du secrétaire d’État.
Le Foreign Office ne fait aucune objection à ce que la France Combattante assume la responsabilité financière de l’entretien du domaine français de Sainte-Hélène. Il estime que la France Combattante en retirera un prestige considérable et il estime que ce changement n’affectera en rien la situation de ce domaine français de Londres décida d’assumer – au lieu et place de La France Combattante envisage que M. Colin rallie l’Angleterre et que Mme Colin resterait à Sainte-Hélène pour prendre en charge le domaine.
Estimez-vous que ce soit satisfaisant, sous la condition que la France Combattante garantisse le maintien de Mme Colin à Sainte-Hélène.
Suivant la conversation que Son Excellence a eue avec vous, elle se propose d’informer le secrétaire d’État qu’elle est d’accord avec cette proposition.
Son Excellence n’a pas l’intention de rendre publique cette décision, avant qu’elle n’ait été annoncée à Londres.

En transmettant ce texte, le lendemain 13 septembre, M. Colin, âgé de 60 ans, ajoutait :
Je me permets encore de renouveler mes demandes précédentes de servir la France Combattante en Afrique équatoriale.
Je ne pourrais pas rejoindre le mouvement de la France Combattante en Angleterre, ainsi que l’indique le câble adressé au Gouverneur, car j’ai passé un seul hiver en France – sans succès d’ailleurs – depuis vingt-trois ans.
Je désirerais partir directement en Afrique équatoriale française par le Sud-Afrique (voie la plus directe de nombreux cargos faisant le service Cape-Town, Pointe-Noire, etc.).
Je vous signale à toutes fins utiles que pendant la dernière guerre, le premier gardien a assuré l’entretien et la surveillance des deux domaines pendant deux ans ; j’ai dressé le deuxième gardien à la lutte anti-termite dans la vieille maison de l’Empereur qui demande une surveillance incessante.
Sous le contrôle de Mme Colin, l’entretien et le gardiennage du musée des domaines seraient assurés, Mme Colin pourrait effectuer les paiements et envoyer régulièrement chaque trimestre les états et pièces de dépenses dont j’ai toujours assuré le paiement à l’avance.
Ci-joint les pièces de dépenses des 2e et 3e trimestres 1942. En ce qui concerne leur remboursement, vous pouvez l’effectuer au trésorier-payeur du gouvernement de Sainte-Hélène par le Colonial Office.
J’attends vos instructions pour savoir si je dois informer Vichy du passage des domaines français sous votre autorité avec l’assentiment des autorités britanniques.
Mon traitement a été payé jusqu’à fin avril par la Légation de Pretoria, ainsi que le 1er trimestre de l’entretien et du gardiennage des domaines.
Si de l’argent me parvenait de Vichy, je le mettrais en dépôt à la Trésorerie de l’île.
G. COLIN

Le lendemain 14 septembre 1942, M. Colin écrivait à Son Excellence le Gouverneur de Sainte-Hélène pour lui préciser que :

Mme Colin ne pourra assurer et contrôler l’entretien et le gardiennage des deux domaines qu’avec les deux gardiens : le premier depuis quarante-cinq ans au service des Domaines, le deuxième depuis seize ans, et d’un aide-jardinier qui travaille depuis quatre ans. Les deux gardiens ont chacun un jardin dans les domaines, qu’ils cultivent et où ils récoltent les légumes pour leur famille ; l’aide-jardinier travaille un jour par semaine dans son jardin…
Mais quelques semaines plus tard, Mme Colin décédait et M. Colin dut renoncer à ses projets de rallier l’A.E.F. Il demeura à Sainte-Hélène pour assumer au nom de la France Libre, l’entretien du domaine français.


Extrait de la Revue de la France Libre, n° 126, juin 1960.


Un exil.... dans la paresse et la gaieté au Cap

L’absurde mission du commissaire prussien...

Afin de prendre « les mesures les plus propres à rendre impossible toute entreprise de la part de Napoléon Bonaparte contre le repos de l'Europe », le 2 août 1815, à Paris, un traité entre la Grande-Bretagne et l'Autriche, la Grande-Bretagne, la Russie et la Prusse fut signé.

CONVENTION ENTRE LA GRANDE-BRETAGNE, L’AUTRICHE, LA RUSSIE ET LA PRUSSE.

Le 2 août 1815, la convention suivante entre la Grande Bretagne, l'Autriche, la Russie et la Prusse, touchant
Bonaparte, fut signée à Paris :
« Napoléon Bonaparte étant au pouvoir des souverains alliés, LL. MM. le roi du Royaume-Uni de la Grande-Bretagne et de l'Irlande, l'empereur d'Autriche, l'empereur de Russie et le roi de Prusse ont statué, en vertu des stipulations du traité du 25 mars 1815, sur les mesures les plus propres à rendre impossible toute entreprise de sa part contre le repos de l'Europe :
» ARTICLE PREMIER. Napoléon est considéré par les puissances qui ont signé le traité du 25 mars dernier comme
leur prisonnier.
» ART. 2. Sa garde est spécialement confiée au gouvernement britannique.
» Le choix de la place et des mesures qui peuvent le mieux assurer l'objet de la présente stipulation est réservé
à Sa Majesté Britannique.
» ART. 3. Les cours impériales d'Autriche et de Russie et la cour royale de Prusse nommeront des commissaires
pour se rendre et habiter dans la place que le gouvernement britannique aura assignée pour la résidence de Napoléon Bonaparte, et qui, sans être responsables de sa garde, s'assureront de sa présence.
» ART. 4. Sa Majesté Très-Chrétienne est invitée, au nom des quatre cours ci-dessus mentionnées, à envoyer pareillement un commissaire français au lieu de la détention de Napoléon Bonaparte.
» ART. 5. Sa Majesté, le roi du Royaume-Uni de la Grande-Bretagne et de l'Irlande s'oblige à remplir les engagements qui lui sont assignés par la présente convention.
» ART. 6. La présente convention sera ratifiée, et la ratification en sera échangée dans quinze jours, ou plus tôt,
s'il est possible.
» En foi de quoi les plénipotentiaires respectifs ont signé la présente convention, et y ont apposé le sceau de
leurs armes.

Fait à Paris, le 2 août de l'année 1815.
» Signé : Le prince DE METTERNICH,
Le comte DE NESSELRODE,
Lord ABERDEEN,
Le prince HARDENBERG. »

Après différentes nominations avortées, ces quatre nations communiquèrent les noms de leurs « Commissaires » à Sainte-Hélène.
Pour la France, ce fut Montchenu ; pour la Russie Alexandre [Antonovitch] Ramsay de Balmain ; pour l’Autriche, Barthélémy Stürmer et enfin, pour la Prusse, Johannes Ludwig Léopold Mund 

Les trois premiers commissaires arrivèrent à Sainte-Hélène le 17 juin 1816 à bord du Newcastle : le comte de Balmain, pour la Russie voyagea seul ; le baron Stürmer pour l'Autriche fut accompagné de son épouse et de Philippe Welle, un botaniste, et le marquis de Montchenu, pour la France, avec le capitaine Gors, son aide de camp. 

Quant au dernier, le Prussien, faute de place à bord du Newcastle, il resta en rade en Grande Bretagne avec son secrétaire-botaniste Louis Maire. Londres s’excusa en ces termes: « Il regrette bien sincèrement de n’avoir pu remplir, pour le moment, les intentions de Sa Majesté le roi de Prusse à l’égard de ces messieurs »

Passionné de botanique dont c’était d’ailleurs le métier, Johannes Mund exprima alors le désir d’aller à Sainte-Hélène avec son adjoint en passant par le Cap de Bonne-Espérance où ils pourraient faire des recherches scientifiques avant d’embarquer pour Sainte-Hélène. La cour de Berlin accepta « que ces Messieurs se rendissent de Sainte-Hélène par le cap de Bonne-Espérance ».

Les deux botanistes arrivèrent donc au Cap de Bonne-Espérance au mois d’août 1816 en ne devaient y passer qu’une seule année. Toutefois, les deux hommes se plurent tant en Afrique du sud qu’ils oublièrent leur mission de Commissaire du Roi de Prusse à Sainte-Hélène dont ils touchaient cependant les émoluments.

Ce ne fut qu’à la fin de 1818 que la cour de Prusse commença à s’interroger sur ces diplomates d’un genre un peu particulier… par l’entremise du Gouverneur de la Colonie du Cap, Lord Somerset, on parvint à les retrouver (grâce, précisément aux versements de leurs salaires que la banque Rothschild à Paris leur envoyait). Ils demandèrent – et obtinrent – quelques mois de plus en Afrique du sud pour accomplir leur mission botanique.  
Ils réussirent le tour de force de repousser sans cesse leur départ pour Sainte-Hélène en « oubliant » même d’envoyer à Berlin les résultats de leurs recherches sud-africaines et autres collectes d’échantillons et herbiers. Ce ne fut cependant qu’en 1821, avec la mort de Napoléon, que la cour de Berlin rompit leurs contrats.  

En attendant, les deux hommes auront bien profité des cinq années d’exil de Napoléon à Sainte-Hélène : George Thom, dans ses descriptions de la Colonie sud-africaine, va même jusqu’à nous dire que « les collectionneurs de la Prusse passent leur temps dans la paresse et la gaieté au Cap, et sont désormais tombés encore plus bas que tout autre colon ».


Protea Mundii

Mieux encore, les deux hommes resteront dans l’histoire en donnant leurs noms à des plantes.
Mund pour Protea mundii, Helichrysum mundtii, Bupleurum mundtii, Scolopia mundii, Thaminophyllum mundii, Leucospermum mundii, Otholobium mundianum, Phoberos mundii and Afrocanthium mundianum.

Et Louis Maire qui s'était instalé à Graaff-Reinet, pour trois espèces d’asters qui, depuis, ont étaient débaptisées zyrphelis. 

dimanche 25 juin 2017

Longwood House, premier soir d'hiver.

L'hiver arrive à Longwood... 





Il y a deux cents ans... des fleurs jaunes.

Avec l’hiver qui arrive, le jaune des fleurs devient la couleur dominante sur le plateau de Longwood.






Les gerberas qui recouvrent désormais les plates-bandes de Longwood House avaient été introduite en 1819… et provenaient du Cap.   

Vue du plateau de Longwood depuis Mulberry's Gut


Cet après-midi, je suis allé me promener dans la vallée sise à l’est de Longwood House nommée Mulberry. Le plateau était recouvert des immortelles dont les graines avaient été envoyées, avec des pots de confitures et autres « douceurs », livres et journaux, à Madame Bertrand par Mesdames Holland et Jerningham en 1817. 

vendredi 23 juin 2017

il y deux cents ans... les enfants français nés en exil

les enfants nés à Sainte-Hélène de parents français : 





Texte original recopopié pour les archives du Gouverneur Sir Hudson Lowe

Dear Gorrequer,

As far as I can assertain, I answer your questions as follows –

Countess Bertrands Child Born   17 Jany 1817
Countess Montholon Child Born   19th June 1816
Jeannette                         Child Born   2nd June 1817
Countess Bertrands nurse Mrs. Dixon – here about a Fortnight before here confinement.

Madame Montholon had a wet nurse Mrs. Murray, a Mulatte woman a few days after her confinement. Chinaman came here 12th or 13th May – lives with his Bretheren under the Hill receives nothing from the House.

Yours ever
(Signed) T. Poppleton

23rd June 1817

Longwood

vendredi 2 juin 2017

Pièces commémorative 2013 "The Napoleonic Wars"

Lors de mon dernier passage en France, Yves Lorent a eu la gentillesse et la générosité de m’envoyer une pièce commémorative britannique de 2013 représentant Longwood House et une scène de vie de l’Empereur aux Briars.




Paradoxalement, ces pièces commémoratives émises en Angleterre qui ont pour thème Sainte-Hélène sont introuvables sur l’île.



Merci Yves pour cette délicate attention.