Présentation des domaines nationaux de Sainte-Hélène

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lundi 26 juin 2017

Un exil.... dans la paresse et la gaieté au Cap

L’absurde mission du commissaire prussien...

Afin de prendre « les mesures les plus propres à rendre impossible toute entreprise de la part de Napoléon Bonaparte contre le repos de l'Europe », le 2 août 1815, à Paris, un traité entre la Grande-Bretagne et l'Autriche, la Grande-Bretagne, la Russie et la Prusse fut signé.

CONVENTION ENTRE LA GRANDE-BRETAGNE, L’AUTRICHE, LA RUSSIE ET LA PRUSSE.

Le 2 août 1815, la convention suivante entre la Grande Bretagne, l'Autriche, la Russie et la Prusse, touchant
Bonaparte, fut signée à Paris :
« Napoléon Bonaparte étant au pouvoir des souverains alliés, LL. MM. le roi du Royaume-Uni de la Grande-Bretagne et de l'Irlande, l'empereur d'Autriche, l'empereur de Russie et le roi de Prusse ont statué, en vertu des stipulations du traité du 25 mars 1815, sur les mesures les plus propres à rendre impossible toute entreprise de sa part contre le repos de l'Europe :
» ARTICLE PREMIER. Napoléon est considéré par les puissances qui ont signé le traité du 25 mars dernier comme
leur prisonnier.
» ART. 2. Sa garde est spécialement confiée au gouvernement britannique.
» Le choix de la place et des mesures qui peuvent le mieux assurer l'objet de la présente stipulation est réservé
à Sa Majesté Britannique.
» ART. 3. Les cours impériales d'Autriche et de Russie et la cour royale de Prusse nommeront des commissaires
pour se rendre et habiter dans la place que le gouvernement britannique aura assignée pour la résidence de Napoléon Bonaparte, et qui, sans être responsables de sa garde, s'assureront de sa présence.
» ART. 4. Sa Majesté Très-Chrétienne est invitée, au nom des quatre cours ci-dessus mentionnées, à envoyer pareillement un commissaire français au lieu de la détention de Napoléon Bonaparte.
» ART. 5. Sa Majesté, le roi du Royaume-Uni de la Grande-Bretagne et de l'Irlande s'oblige à remplir les engagements qui lui sont assignés par la présente convention.
» ART. 6. La présente convention sera ratifiée, et la ratification en sera échangée dans quinze jours, ou plus tôt,
s'il est possible.
» En foi de quoi les plénipotentiaires respectifs ont signé la présente convention, et y ont apposé le sceau de
leurs armes.

Fait à Paris, le 2 août de l'année 1815.
» Signé : Le prince DE METTERNICH,
Le comte DE NESSELRODE,
Lord ABERDEEN,
Le prince HARDENBERG. »

Après différentes nominations avortées, ces quatre nations communiquèrent les noms de leurs « Commissaires » à Sainte-Hélène.
Pour la France, ce fut Montchenu ; pour la Russie Alexandre [Antonovitch] Ramsay de Balmain ; pour l’Autriche, Barthélémy Stürmer et enfin, pour la Prusse, Johannes Ludwig Léopold Mund 


Les trois premiers commissaires arrivèrent à Sainte-Hélène le 17 juin 1816 à bord du Newcastle : le comte de Balmain, pour la Russie voyagea avec son serviteur Heinrich Peyle ; le baron Stürmer pour l'Autriche fut accompagné de son épouse et de Philippe Welle, un botaniste qui fut aussi son secrétaire, et le marquis de Montchenu, pour la France, avec le capitaine Gors, son aide de camp. 


Quant au dernier, le Prussien, faute de place à bord du Newcastle, il resta en rade en Grande Bretagne avec son secrétaire-botaniste Louis Maire. Londres s’excusa en ces termes: « Il regrette bien sincèrement de n’avoir pu remplir, pour le moment, les intentions de Sa Majesté le roi de Prusse à l’égard de ces messieurs »

Passionné de botanique dont c’était d’ailleurs le métier, Johannes Mund exprima alors le désir d’aller à Sainte-Hélène avec son adjoint en passant par le Cap de Bonne-Espérance où ils pourraient faire des recherches scientifiques avant d’embarquer pour Sainte-Hélène. La cour de Berlin accepta « que ces Messieurs se rendissent de Sainte-Hélène par le cap de Bonne-Espérance ».

Les deux botanistes arrivèrent donc au Cap de Bonne-Espérance au mois d’août 1816 en ne devaient y passer qu’une seule année. Toutefois, les deux hommes se plurent tant en Afrique du sud qu’ils oublièrent leur mission de Commissaire du Roi de Prusse à Sainte-Hélène dont ils touchaient cependant les émoluments.

Ce ne fut qu’à la fin de 1818 que la cour de Prusse commença à s’interroger sur ces diplomates d’un genre un peu particulier… par l’entremise du Gouverneur de la Colonie du Cap, Lord Somerset, on parvint à les retrouver (grâce, précisément aux versements de leurs salaires que la banque Rothschild à Paris leur envoyait). Ils demandèrent – et obtinrent – quelques mois de plus en Afrique du sud pour accomplir leur mission botanique.  
Ils réussirent le tour de force de repousser sans cesse leur départ pour Sainte-Hélène en « oubliant » même d’envoyer à Berlin les résultats de leurs recherches sud-africaines et autres collectes d’échantillons et herbiers. Ce ne fut cependant qu’en 1821, avec la mort de Napoléon, que la cour de Berlin rompit leurs contrats.  

En attendant, les deux hommes auront bien profité des cinq années d’exil de Napoléon à Sainte-Hélène : George Thom, dans ses descriptions de la Colonie sud-africaine, va même jusqu’à nous dire que « les collectionneurs de la Prusse passent leur temps dans la paresse et la gaieté au Cap, et sont désormais tombés encore plus bas que tout autre colon ».


Protea Mundii

Mieux encore, les deux hommes resteront dans l’histoire en donnant leurs noms à des plantes.
Mund pour Protea mundii, Helichrysum mundtii, Bupleurum mundtii, Scolopia mundii, Thaminophyllum mundii, Leucospermum mundii, Otholobium mundianum, Phoberos mundii and Afrocanthium mundianum.

Et Louis Maire qui s'était instalé à Graaff-Reinet, pour trois espèces d’asters qui, depuis, ont étaient débaptisées zyrphelis. 

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