dimanche 29 avril 2018

La mémoire des arbres plantés autour de la Tombe de Napoléon à Sainte-Hélène


Après la mort de Napoléon le 5 mai 1821, les Français avaient voulu inscrire sur le cercueil et faire graver sur la dalle « Napoléon» ; Lowe avait exigé« Napoléon Bonaparte ». Le gouverneur avait remporté celle ultime et mesquine victoire sur le mort et la dalle était demeurée nue. Elle l'est encore.
En 1830, Louis-Philippe Ier fut intronisé roi des Français. Avec la chute de Charles X, ce fut, en France, la fin de la Monarchie dite « Conservatrice » qui s’installa au pouvoir après l’exil de Napoléon.  Ce fut la fin de la monarchie absolue de droit divin (absolutisme).

Pour célébrer ce changement, Lady Dallas, la francophile et libérale femme de gouverneur, planta autour la tombe de Napoléon douze cyprès en l’honneur des douze premiers maréchaux de l’empire.

Description du site de la tombe annexée à l'acte de vente de 1857

Aujourd’hui, dissimulée sous les arums et les lis de la lune coassent les minuscules grenouilles de la source où, de 1815 à 1821, l'on vint puiser l'eau de la table impériale, tombée au rang de mess de garnison. Les saules ont depuis longtemps disparu, mutilés par les amateurs de souvenirs et leurs feuilles, séchées et pressées, dispersées par le vent de la légende sur tous les continents.
D’autres arbres ont été plantés depuis comme cet olivier par le prince de Galles, le futur Édouard Vlll, en 1925, un olivier sauvage par le prince Philip duc d'Édimbourg en 1957, trois araucarias par la Jeanne d'Arc  en 1935, 1958 et 1963.
Notons ici que pour redonner au site toute sa lumière, entre 1987 et 2000, nous avons coupé les quinze gigantesques pins de Norfolk qui avaient été mis en terre par Masselin en 1860 et avaient transformé le site en une sombre et sinistre crypte.




Un seul des douze cyprès de Lady Dallas plantés en 1830 est encore en vie. Un autre qui mourut il y a quatre ou cinq ans fut laissé sur place. Nous gardions le secret espoir qu’il reprenne vie. Malheureusement, il est vraiment mort. Le bois a pourri sur place et il n’en reste plus que quelques fragments. 


Ces cyprès plantés en 1830 par la femme du gouverneur symbolisent l’amitié  franco-britannique qui, sur l’île, connut son apogée en 1840 à l’occasion du retour du corps de Napoléon en France.

Durant le voyage de ce qui fut convenu d’appeler «  Retour des Cendres », l’ancien serviteur de Napoléon retrouva le site choisi dix-neuf ans plus tôt pour y déposer le corps de son maitre. Il y aperçoit les arbres de Lady Dallas : « De jeunes cyprès et de petits sapins plantés de distance en distance, près de la barrière qui ferme l'enceinte en sont le seul ornement. De notre temps le fond de la vallée était nu, mais il est maintenant couvert de sapins jusqu'à mi-côte de la pente, au haut de laquelle est Hutt's Gate, maison qu'avait habitée le grand-maréchal. Tout était tellement changé que ce ne fut qu'après avoir regardé attentivement la configuration du terrain qu'il nous est possible de nous remettre dans la tête tout ce qui s'en est échappé[1]. »



[1]  Mameluck Ali (Louis-Etienne Saint-Denis), Journal du Retour des Cendres, 1840, manuscrits déchiffrés, annotés et présentés par Jacques Jourquin, Tallandier, 2003


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Visitez le site de la "Charity" (Fondation de droit local) Saint Helena Napoleonic Heritage

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