lundi 10 décembre 2018

Travaux d'entretien à la bibliothèque de Napoléon


Dans le parcours de la visite de la Maison de Longwood, la dernière des pièces réservées à l’Empereur est la bibliothèque. C’est une belle salle de vingt-sept mètres carrés, soit six mètres sur quatre mètres cinquante, mais c’est aussi la plus humide de la maison, car exposée sud-est, elle est sans cesse soumise au vent et à la pluie.

Sous l'effet de l'humidité les plâtres tombaient par plaques


Et pourtant, cette pièce malsaine fut le moteur de ce que Thierry Lentz nomme la « fabrique historique » qu’était devenu Longwood House.
Travaux d'entretien entrepris durant la saison humide 2018

Lorsque Napoléon apprit  la nouvelle de son exil à Sainte Hélène, il interrogea Las Cases : « Que pourrons-nous faire dans ce lieu perdu ? ». Il s’entendit répondre : « Sire, nous vivrons du passé ; il y a de quoi nous satisfaire. Ne jouissons-nous pas de la vie de César, de celle d’Alexandre ? Nous posséderons mieux, vous vous relirez, Sire ! ». Et le captif de l’Europe d’acquiescer : « Eh bien ! nous écrirons nos Mémoires. Oui, il faut travailler ; le travail aussi est la faux du temps. Après tout, on doit remplir ses destinées ; c’est aussi ma grande doctrine. Eh bien ! que les miennes s’accomplissent ! »[1].
À Longwood, comme de coutume, il organisait, contrôlait et décidait tout. « Pendant plus de cinq ans, il allait être la tête et à la tête d’une véritable « entreprise » agissant dans deux directions : la transmission de sa parole (œuvre dans laquelle allaient exceller Las Cases et, à un niveau moindre, les autres mémorialistes) et l’intervention directe dans l’écriture (et la réécriture) de l’histoire avec les Mémoires. Pour cette seconde production, celle qui nous intéresse ici, il ne ménagea ni son temps, ni ses collaborateurs. Même s’il quitta la France sans la documentation qu’il avait demandée à son bibliothécaire, il parvint à s’en constituer une suffisamment fournie pour fonder ses dictées sur des matériaux solides. »[2]


                Malheureusement, nous n’avons pas encore les moyens financiers de rendre à cette pièce son aspect de 1821. Toutefois, nous nous sommes employés cette année à refaire les plâtres et lui donner un aspect digne et respectueux des décors contemporain (choix des couleurs, des matériaux etc…)



[1] Mémorial de Sainte-Hélène, 2-3 août 1815.
[2] Mémoires de Napoléon : La campagne d'Italie 1796-1797 - édition présentée par Thierry Lentz - éditions Tallandier, 2010


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